L'hiver · chauffage
Radiateur froid en bas : purger, et dans quel ordre
Radiateur froid en bas : ce que la purge peut vraiment, ce que la hauteur du froid dit du diagnostic, et l'ordre exact à tenir pour purger la maison entière.
Baptiste S. — propriétaire bailleur, fondateur du site 29 octobre 2026 mis à jour le 29 octobre 2026 12 min

Cet article complète le guide Trouver les déperditions de chaleur : la main d'abord
Il y a une phrase qui circule partout et qui envoie des milliers de gens tourner une vis pour rien : « radiateur froid en bas, il faut le purger ». Le réflexe est compréhensible, la purge est gratuite, et il faut la faire une fois. Mais avant de chercher comment purger un radiateur froid en bas, il vaut la peine de savoir ce que le geste va chasser — parce que dans ce cas précis, la réponse est généralement : rien.
Ce n’est pas une subtilité de plombier. C’est une question de densité, et elle se vérifie sans instrument.
Le froid n’est pas au même endroit selon ce qu’il y a dedans
Un radiateur à eau est un volume fermé que l’eau traverse. Quand il cesse de chauffer sur une partie de sa surface, c’est qu’autre chose occupe la place de l’eau à cet endroit — et il n’y a que deux candidats.
Le premier est l’air. Bien plus léger que l’eau, il remonte sous le point le plus haut du panneau et s’y maintient. C’est pour cette raison exacte que le purgeur est vissé en haut, et non ailleurs : il est placé là où la chose qu’il doit évacuer se trouve forcément.
Le second est le dépôt. Les circuits de chauffage vieillissent, l’acier s’oxyde lentement au contact de l’eau, et les particules produites — mêlées aux poussières minérales de l’eau de remplissage — forment une boue plus lourde que l’eau. Elle se couche au fond des tubes, l’eau chaude passe au-dessus, et la partie basse du panneau cesse d’émettre.
Deux occupants, deux hauteurs opposées, et un seul orifice d’évacuation, situé en haut. La conséquence s’écrit en une ligne : un froid qui occupe le haut se chasse, un froid qui occupe le bas se nettoie.
Le cas que presque personne n’envisage est le troisième : un froid qui s’étend dans la largeur, du côté opposé à l’arrivée d’eau. Ni une poche ni un dépôt ne se répartissent horizontalement — c’est le trajet d’une eau qui entre et ressort sans avoir eu le temps de traverser le panneau, donc une affaire de débit, de robinetterie ou de réglage.
Aiguillage
Où le radiateur est froid
Passez la main du bas vers le haut du panneau, puis d'un bout à l'autre, et dites seulement où le tiède s'arrête. L'air monte, les dépôts tombent : c'est la hauteur du froid, pas son intensité, qui désigne le coupable.
Ce que ce froid désigne
Un dépôt au point bas — La purge n'y changera rien
C'est le cas que tout le monde cherche, et la purge n'y fera rien
Le bas d'un radiateur est l'endroit où se posent les choses plus lourdes que l'eau : les oxydes de fer que le circuit fabrique en vieillissant, mêlés aux poussières minérales de l'eau de remplissage. Ils forment un lit au fond des tubes, l'eau chaude passe au-dessus, et la partie basse du panneau cesse d'émettre. Le purgeur étant tout en haut, l'ouvrir ne touche pas ce lit : il sortira de l'eau, et vous aurez perdu un peu de pression pour rien. Faites la purge quand même une fois, parce qu'elle élimine l'hypothèse en deux minutes — mais le traitement de ce cas-là est un nettoyage du circuit, pas un geste du soir.
Pourquoi la hauteur du froid suffit à trancher
Un radiateur à eau est un volume fermé que l'eau traverse. Tout ce qui n'est pas de l'eau s'y range par densité, et il n'y a que deux candidats. L'air, beaucoup plus léger, remonte sous le point haut du panneau et s'y tient : c'est pour cette raison exacte que le purgeur est vissé là et pas ailleurs. Les boues d'oxydation, plus lourdes, se déposent au point bas et y restent, hors de portée de tout purgeur.
D'où la règle de lecture, qui ne demande aucun instrument : un froid qui occupe le haut se chasse, un froid qui occupe le bas se nettoie. Un froid qui s'étend dans la largeur ne relève ni de l'un ni de l'autre, parce qu'aucun dépôt et aucune poche ne se répartissent horizontalement — c'est le débit qui est en cause.
Ce bloc raisonne sur un radiateur à eau chaude alimenté par une chaudière ou une pompe à chaleur. Un radiateur électrique n'a pas de circuit d'eau, donc ni purgeur ni embouage possible : un panneau électrique froid en bas est un défaut de résistance ou de régulation, et il se traite avec le fabricant. Le bloc ne dit rien non plus du dimensionnement : un radiateur sain mais trop petit chauffe partout et ne suffit nulle part.
Le bloc tranche dans cinq cas sur huit vers « ne purgez pas », et ce n’est pas une coquetterie : la purge est anodine, mais elle fait tomber la pression du circuit, et répétée tous les quinze jours sur un radiateur qui n’a pas d’air elle finit par vider l’installation un peu plus à chaque fois.
La main suffit à lire la hauteur du froid. Elle ne suffit pas à lire un écart de trois degrés entre le haut et le bas, qui est le début d’une poche. Pour ça, il faut viser une surface.
Le bon choix si localiser au centimètre la hauteur où le panneau cesse de chauffer, et vérifier l'avant-après d'une purge
Thermomètre infrarouge sans contact
4,4 / 5 — appréciation de la rédaction
- Donne la hauteur exacte où la température décroche, là où la main ne sent qu'un dégradé
- Permet de comparer deux radiateurs de la même maison dans la même minute
- Documente le résultat de la purge : même point, même heure, avant et après
La réserve — Il ne lit correctement que les surfaces mates. Un radiateur fraîchement repeint en blanc brillant, ou habillé d'un cache métallique, renvoie le rayonnement de la pièce et l'appareil affiche ce reflet plutôt que le panneau. Visez une zone mate, ou collez un carré d'adhésif mat de masquage et mesurez dessus.
20 à 45 €
Fourchette indicative — le prix du jour est sur Amazon
Lien affilié Amazon — le prix ne change pas pour vous.
Un détail de méthode compte plus que l’appareil : la lecture se fait chauffage en marche depuis une heure, jamais au redémarrage du matin. Un panneau qui monte en température est froid en haut pendant quelques minutes sans qu’aucune poche n’existe, et c’est la source d’erreur la plus fréquente sur ce diagnostic.
Purger un radiateur froid en bas : ce que le geste peut, et ce qu’il ne peut pas
Reprenons le cas du titre, celui qui amène la plupart des lecteurs ici, et disons-le franchement.
Le purgeur se trouve en haut. Le froid se trouve en bas. Entre les deux, il y a toute la hauteur du panneau remplie d’eau. Ouvrir la vis fera donc sortir un sifflement très court, puis de l’eau — et le lit de boue qui occupe le fond des tubes ne bougera pas d’un millimètre, parce que rien dans ce geste ne vient le chercher.
Pourquoi la faire quand même ? Pour une raison qui vaut la peine de ces deux minutes : elle élimine une hypothèse. Il arrive qu’un radiateur cumule une petite poche en haut et un dépôt en bas, et il arrive aussi, plus souvent qu’on ne croit, que le « froid en bas » décrit par le lecteur soit en réalité un « tiède partout » mal interprété. La purge coûte deux minutes et un quart de tour. Après elle, s’il n’y a rien eu à chasser, le diagnostic se resserre proprement sur le circuit.
Ce qu’il faut éviter, en revanche, c’est la purge comme rituel. Un radiateur sain n’a pas besoin d’être purgé tous les mois, et chaque passage soustrait un peu d’eau à un circuit fermé.
Il faut aussi écarter tout de suite le produit qui se vend précisément sur cette inquiétude : le purgeur automatique, cette petite tête qu’on visse à la place de la vis manuelle et qui promet d’évacuer l’air tout seul. Sur un radiateur, il tient mal sa promesse et crée un risque nouveau — il est conçu pour laisser sortir l’air, et il peut tout aussi bien en laisser entrer quand la pression du circuit descend sous la pression atmosphérique, ce qui arrive dans le haut d’une installation mal pressurisée. Ces purgeurs ont leur place en tête de colonne ou sur une bouteille de découplage, posés par un installateur. Pas sur le flanc d’un panneau de chambre.
Ce que la poche d’air enlève vraiment
Admettons maintenant le bon cas de figure : le froid est en haut, il y a bien de l’air. Reste une question que les pages sur le sujet ne posent jamais — est-ce que ça valait la peine ?
La puissance d’un radiateur est une affaire de surface d’échange : c’est pour cela que le même modèle se vend en plusieurs longueurs et plusieurs hauteurs, et que la puissance annoncée suit à peu près ces dimensions. Une poche qui occupe le tiers supérieur retire donc environ le tiers de la surface utile.
Calculateur
Ce que la poche d'air mange
Mesurez la hauteur du panneau, puis celle de la bande restée froide en partant du haut. L'étiquette collée sur le flanc ou le dos donne la puissance. Le reste est une division : la surface qui ne chauffe plus ne chauffe plus proportionnellement.
Ce que ça vaut de purger
Avec 25 % de la hauteur occupée par de l'air, il ne reste qu'environ 900 W de puissance utile sur 1 200 W. Le radiateur est encore chaud au toucher, en bas, et c'est exactement ce qui trompe : il ne délivre plus que les trois quarts ou la moitié de ce pour quoi il a été dimensionné. Celle-là explique une pièce froide à elle seule.
Un détail qui évite une fausse mesure : faites la lecture chauffage en marche depuis une heure, et pas au redémarrage du matin. Un panneau qui monte en température est froid en haut pendant quelques minutes sans qu'aucune poche n'existe.
D'où vient la division, et pourquoi c'est une borne haute
La puissance d'un radiateur est une affaire de surface d'échange : c'est pour cela que le catalogue vend le même modèle en plusieurs longueurs et plusieurs hauteurs, et que la puissance suit à peu près ces dimensions. Une poche d'air qui occupe le tiers supérieur retire donc environ le tiers de la surface utile, et la division suffit à donner l'ordre de grandeur.
Pourquoi « au plus ». La partie restée pleine d'eau ne se contente pas de son ancien travail : tout le débit du circuit passe maintenant par elle, et l'air qui la longe est aspiré par la convection sur une hauteur plus grande que la sienne. Elle récupère une fraction de ce que la poche enlève. Cette fraction dépend du modèle, du débit et de la température de départ, et aucun chiffre honnête ne peut la donner ici : le résultat affiché est donc la perte maximale, la réalité se trouvant un peu en dessous.
Deux réserves de plus. La puissance de l'étiquette est mesurée à un régime d'eau d'essai que votre circuit n'atteint presque jamais, surtout sur une installation réglée bas ou alimentée par une pompe à chaleur : les watts affichés ici sont donc des watts d'étiquette, à lire comme une proportion plus que comme une mesure. Et ce bloc ne traduit rien en degrés : passer des watts manquants à la température d'une pièce demande ses déperditions, qui se calculent avec les surfaces et les parois, pas avec un radiateur.
Deux enseignements sortent de cette division, et le second est le plus utile.
Le premier est qu’une petite poche ne se sent pas. Deux centimètres de bande froide sur un panneau de soixante, c’est trois pour cent de la surface : purgez, c’est gratuit, mais n’attribuez pas à ces trois pour cent une pièce qui ne monte pas en température.
Le second est qu’une grosse poche ne se voit pas pour autant. Un radiateur dont le tiers haut est hors service reste brûlant au toucher dans sa partie basse, et c’est exactement ce qui trompe : on vérifie qu’il chauffe, on constate qu’il chauffe, et on va chercher le problème dans les murs. Une pièce peut rester deux hivers en dessous de sa consigne pour cette seule raison.
L’arbitrage général du logement s’en trouve d’ailleurs déplacé, et c’est la raison pour laquelle cet article est rattaché à la méthode pour trouver les déperditions de chaleur : avant de classer une pièce froide dans les parois qui conduisent ou dans l’air qui passe, il faut s’assurer que son émetteur délivre ce qu’il annonce. Un radiateur amputé du tiers de sa surface imite parfaitement un mur mal isolé.
Le réflexe qui suit coûte cher, et il est mesurable. Faute de chaleur dans une pièce, on monte la consigne générale du logement, donc on chauffe davantage toutes les autres. L’ADEME, qui publie ses repères de consommation sur ademe.fr, rappelle que le chauffage pèse de l’ordre des deux tiers de la consommation d’énergie d’un logement, et qu’un degré de consigne en moins représente environ sept pour cent de cette consommation. Compenser une poche d’air par le thermostat, c’est payer sept pour cent de chauffage pour un quart de tour de vis non fait.
Et puisqu’il est question de consigne : la régler pièce par pièce suppose que chaque robinet puisse effectivement doser l’eau de son radiateur. Les conditions à vérifier avant d’acheter quoi que ce soit — le corps de robinet d’abord, les écarts réels entre les pièces ensuite — sont détaillées dans têtes thermostatiques connectées : avis.
L’ordre de la tournée, et pourquoi il n’est pas indifférent
Si un radiateur a de l’air, les autres en ont probablement aussi : l’air n’entre pas dans un circuit par un seul point. Autant faire la maison entière d’un coup — et là, l’ordre compte.
Schéma interactif
La tournée de purge, et dans quel ordre
Cliquez les radiateurs dans l'ordre où vous les purgeriez : les numéros se posent au fur et à mesure, et la fiche dit sous le dessin si la séquence tient.
← Glissez pour voir tout le schéma →
la chaudière, origine de la distance le circuit et la colonne montante les cinq radiateurs sont cliquables et accessibles au clavier
L'ordre de référence, celui de l'article
Tout le rez-de-chaussée d'abord, du plus proche au plus lointain, l'étage ensuite
L'ordre n'est pas une coquetterie de plombier. Chaque purge ouverte fait descendre la pression du circuit et tirer de l'eau depuis le reste de l'installation : en commençant par le bas et par le plus proche, on pousse l'air qui reste vers les points hauts et lointains, c'est-à-dire vers ceux qu'on n'a pas encore faits. En commençant par l'étage, on fait l'inverse : l'eau qu'on appelle en haut entraîne de l'air vers les radiateurs du bas, qu'on croyait finis, et il faut recommencer la tournée.
Deux conditions encadrent la tournée, avant et après : circulateur à l'arrêt et une demi-heure d'attente pour que l'air se rassemble aux points hauts, puis relecture du manomètre à la fin, parce que cinq purges font tomber la pression ensemble.
Lien affilié. Prix et disponibilité à vérifier sur Amazon. Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.
La règle a deux moitiés, et elles se combinent : du niveau le plus bas vers le plus haut, et dans chaque niveau du plus proche de la chaudière vers le plus éloigné.
Le mécanisme est simple. Un purgeur ouvert fait tomber la pression et appelle de l’eau depuis le reste de l’installation. Cette eau qui se déplace pousse devant elle l’air encore présent, vers l’aval, c’est-à-dire vers les points hauts et lointains. En suivant le sens de la règle, on repousse l’air vers des radiateurs qu’on n’a pas encore ouverts, et on finit par le point où tout s’est accumulé. En commençant par l’étage, on fait l’inverse : l’eau appelée en haut entraîne de l’air vers les panneaux du bas, qu’on croyait réglés, et il faut recommencer.
Deux gestes encadrent la tournée, et ils ne sont pas négociables.
Avant : couper la chaudière et son circulateur, puis attendre. Tant que la pompe tourne, l’air voyage en bulles dispersées dans l’eau et ne se laisse pas prendre ; à l’arrêt, il remonte se rassembler aux points hauts. Une demi-heure suffit sur une installation ordinaire. Relevez la pression du manomètre à ce moment-là, avant d’avoir rien ouvert : c’est votre point de départ.
Après : relire le manomètre et compléter. C’est l’étape que l’on oublie, et elle fait plus de dégâts que l’air qu’on vient de chasser.
Le geste, et la pression qu’il fait tomber
Le geste lui-même tient en quelques lignes, et il n’a aucune difficulté une fois l’ordre connu.
Un récipient plat et un chiffon sous le purgeur — l’eau d’un circuit, même coupé depuis une demi-heure, est noire et tache durablement un parquet. La clé sur la vis, un quart de tour, pas plus. L’air siffle, parfois pendant plusieurs secondes sur une grosse poche, puis le sifflement se mouille et l’eau sort en crachotant. On referme dès que le filet est régulier, sans serrer comme une boulonnerie : le joint de ces vis est conique, il se tue au couple.
Si la vis résiste, on s’arrête. Une vis de purge grippée qui casse laisse un radiateur ouvert et un circuit à vider, un soir d’hiver.
Le bon choix si faire la tournée complète d'une maison dont les radiateurs n'ont pas tous la même empreinte de vis
Clé de purge de radiateur, modèle universel
4,3 / 5 — appréciation de la rédaction
- Les empreintes varient d'un âge d'installation à l'autre : un modèle multi-empreintes évite de s'arrêter au troisième radiateur
- Une poignée franche évite de forcer de travers sur une vis ancienne, qui est la façon courante de la casser
- Se garde avec la notice de la chaudière : la tournée se refait chaque automne
La réserve — Un tournevis plat convient sur les purgeurs à fente et une pince ne convient sur aucun : elle arrondit l'empreinte et la vis devient impossible à ouvrir proprement ensuite. Et aucune clé ne débloque une vis grippée — à ce stade, c'est une pièce à remplacer, pas un couple à augmenter.
5 à 12 €
Fourchette indicative — le prix du jour est sur Amazon
Lien affilié Amazon — le prix ne change pas pour vous.
Reste la pression, qui est le vrai sujet technique de cette tournée. Un circuit de chauffage est fermé : tout ce qui sort par un purgeur n’est pas remplacé. Cinq ou six radiateurs purgés à la suite font descendre l’aiguille de façon très visible, et la valeur à rétablir est celle qu’indique votre appareil ou sa notice — couramment de l’ordre de 1 à 1,5 bar à froid, mais c’est la plaque de la chaudière qui fait foi, pas un chiffre lu sur internet.
Un circuit laissé sous-pressurisé fabrique de nouvelles poches, parce qu’une eau trop peu comprimée dégaze plus facilement, et il finit par mettre la chaudière en sécurité. À l’inverse, une installation qui redemande de l’eau tous les mois ne manque pas de purges : elle a une fuite, ou un vase d’expansion hors service. C’est le moment d’appeler le professionnel qui assure l’entretien annuel de l’appareil — une obligation dont les conditions sont rappelées sur service-public.fr.
Quand ce n’est pas de l’air : la boue, et ce qu’elle coûte
Revenons une dernière fois au froid en bas, puisque c’est le cas le plus fréquent et le seul dont la réparation se paie.
Un lit de boue au fond des tubes ne se chasse pas, il se retire. Le travail s’appelle un désembouage : un professionnel branche une pompe sur le circuit, le rince en forçant le débit dans les deux sens, parfois avec un produit dispersant, puis le remplit avec un inhibiteur de corrosion qui ralentit la reformation des oxydes. Il y a des variantes, et le choix se fait sur l’état réel de l’installation.
L’ordre de grandeur, à titre strictement indicatif, se compte en quelques centaines d’euros pour une maison individuelle, et dépend du nombre d’émetteurs autant que de l’accès au circuit. Ce n’est pas une dépense de confort immédiat comme un joint de fenêtre : elle se décide quand plusieurs radiateurs sont touchés, ou quand le rendement de l’installation entière décroche. Les conseillers du service public de la rénovation de l’habitat, joignables gratuitement via france-renov.gouv.fr, sont le bon interlocuteur pour situer cette dépense dans un plan plus large plutôt que de la traiter seule.
Deux pistes à écarter avant de payer le désembouage
Avant d’engager cette somme, deux vérifications méritent la soirée qu’elles coûtent. La première écarte un produit. La seconde écarte parfois le chantier entier.
Le produit, c’est le désembouage vendu en bidon, à verser soi-même dans le circuit. Sur une installation sous garantie ou raccordée à une pompe à chaleur, il peut poser un problème de compatibilité, et il ne remplace de toute façon pas le rinçage mécanique qui évacue réellement les dépôts : il disperse des boues que rien ne vient ensuite évacuer du circuit.
La seconde vérification est la plus rentable de cette page : s’assurer que le radiateur reçoit bien l’eau qui lui revient. Une tête thermostatique dont la tige est restée enfoncée tout l’été, un té de réglage refermé lors d’un chantier et jamais réouvert, un circulateur laissé en vitesse minimale font exactement le même effet qu’un émetteur encrassé, et se corrigent sans facture.
Pour trancher entre les deux, il faut des courbes plutôt qu’un ressenti : savoir à quelle heure une pièce décroche, et si elle décroche seule ou avec ses voisines. Des sondes qui enregistrent le disent, et la méthode est détaillée dans thermomètre hygromètre connecté multi-pièces. Une pièce qui plafonne pendant que les autres tiennent leur consigne désigne son émetteur ; une maison qui décroche en bloc désigne la production.
Il reste le cas du radiateur sain, purgé, bien alimenté, et quand même insuffisant. Là, le mètre carré de mur qu’il masque devient une question légitime, et elle se juge par le calcul plutôt que par l’intuition : isolant mince derrière radiateur : avis pose la division, et conclut « non » dans la majorité des pièces. En attendant une décision sur le circuit, le dépannage honnête d’une seule pièce est un appareil d’appoint, dont la consommation réelle est comparée dans radiateur d’appoint à inertie ou soufflant.
Ce que je ne peux pas dire d’ici
Tout ce qui précède sert à lire un radiateur et à faire proprement un geste gratuit. Ça ne remplace pas l’examen d’une installation.
Je ne suis ni plombier ni chauffagiste. Le diagnostic d’un circuit embouché, le réglage d’un équilibrage, le dimensionnement d’un circulateur et le choix d’un traitement d’eau se font sur place, sur l’installation réelle, par un professionnel qui en prend la responsabilité. Et deux situations sortent entièrement du cadre de cette page : un circuit sous garantie, où toute intervention personnelle peut se retourner contre vous, et un chauffage collectif, où le purgeur de votre radiateur appartient à un circuit commun — dans ce dernier cas, la purge se signale au syndic ou au gestionnaire avant d’être faite, parce qu’une pression rétablie à votre étage ne se décide pas chez vous.
Ce que la lecture de la hauteur du froid vous donne, en revanche, personne ne vous le facturera : la différence entre un geste qui va marcher ce soir et un geste qui ne marchera jamais. C’est peu, et c’est ce qui sépare une vis tournée utilement d’un hiver passé à monter le thermostat.
En bref
- Purger un radiateur froid en bas sert-il à quelque chose ?
- Presque jamais, et c'est contre-intuitif. Le purgeur est vissé au point le plus haut du panneau parce que c'est là que l'air s'accumule : l'air est des centaines de fois plus léger que l'eau et ne descend pas. Un froid qui occupe le BAS désigne donc l'autre occupant possible, les boues d'oxydation, qui sont plus lourdes que l'eau et se déposent au fond des tubes, hors d'atteinte de tout purgeur. Faites la purge une fois malgré tout, parce qu'elle coûte deux minutes et élimine proprement l'hypothèse de l'air ; mais si le froid est bien en bas, attendez-vous à ce qu'il ne sorte que de l'eau, et cherchez du côté du nettoyage de circuit.
- Un radiateur froid en haut et chaud en bas, est-ce la même chose ?
- Non, c'est exactement le cas inverse, et c'est celui que la purge règle. Une poche d'air occupe le sommet du panneau et repousse l'eau vers le bas : la partie du radiateur occupée par cette poche n'émet plus rien, alors que le bas reste brûlant. C'est la situation pour laquelle le purgeur existe, l'opération dure deux minutes, elle est gratuite, et l'effet se sent dans la demi-heure. La règle de lecture tient en une phrase : un froid qui occupe le haut se chasse, un froid qui occupe le bas se nettoie.
- Dans quel ordre faut-il purger les radiateurs d'une maison ?
- En commençant par le niveau le plus bas, et dans ce niveau par le radiateur le plus proche de la chaudière, pour finir par le plus haut et le plus éloigné. La raison est mécanique : chaque purgeur ouvert fait tomber la pression et appelle de l'eau depuis le reste de l'installation, ce qui pousse l'air restant vers l'aval. En suivant ce sens, on repousse l'air vers des radiateurs qu'on n'a pas encore faits. En commençant par l'étage, on l'entraîne vers ceux du bas qu'on croyait finis, et la tournée est à refaire.
- Faut-il couper le chauffage avant de purger un radiateur ?
- Oui, et attendre ensuite. Couper la chaudière et son circulateur arrête le brassage : l'air, qui circulait en bulles dispersées dans l'eau, remonte se rassembler aux points hauts du circuit, et c'est là qu'on peut le prendre. Une demi-heure suffit en général, davantage sur une grande installation. Le second motif est plus prosaïque : l'eau d'un circuit en marche sort entre cinquante et soixante-dix degrés, et une purge se fait avec un chiffon et un récipient, pas avec une brûlure.
- Pourquoi la pression de la chaudière baisse-t-elle après une purge ?
- Parce qu'une purge enlève de la matière à un circuit fermé. Tout ce qui sort par le purgeur — l'air, puis le filet d'eau qui signale que la poche est vide — n'est pas remplacé, et l'aiguille du manomètre descend d'autant. Sur une maison de cinq ou six radiateurs purgés à la suite, la chute est nettement visible. Il faut donc relire la pression à froid une fois la tournée terminée et la ramener à la valeur inscrite sur l'appareil ou dans sa notice, couramment de l'ordre de 1 à 1,5 bar. Un circuit laissé sous-pressurisé refabrique des poches d'air et finit par mettre la chaudière en sécurité.
- Mon radiateur est froid en bas même après la purge : que faire ?
- C'est le déroulement normal de ce cas, et il confirme le diagnostic plutôt qu'il ne l'infirme : il n'y avait pas d'air, donc il n'y avait rien à chasser. Reste à vérifier que le radiateur reçoit bien toute l'eau qui lui est due — robinet réellement ouvert, tête thermostatique non bloquée, té de réglage non refermé — puis, si tout est en ordre, à faire regarder l'état du circuit. Un nettoyage par un professionnel, avec rinçage et pose d'un inhibiteur, se chiffre en quelques centaines d'euros à titre indicatif, et se décide sur l'état réel de l'installation, pas sur un seul radiateur.
À lire ensuite
-
Têtes thermostatiques connectées : économies réelles Têtes thermostatiques connectées, notre avis : le gain vient de la consigne tenue pièce par pièce, jamais de la connexion. Le corps de robinet décide du reste. -
Hygromètre connecté : suivre 5 pièces à la fois Thermomètre hygromètre connecté multi-pièces : ce que plusieurs sondes montrent vraiment, ce qu'elles ratent, et combien il en faut avant d'acheter un lot. -
Isolant mince derrière radiateur : avis et vrai gain Isolant mince derrière radiateur, notre avis : le gain ne vient pas du panneau mais du mur. Sur une paroi isolée, il tombe à quatre pour cent. Voici le calcul.
Qui écrit
Baptiste S.
Propriétaire bailleur, fondateur du site
Je vis dans ma maison et je gère plusieurs logements en location — une maison ancienne, des appartements plus récents. Trois bâtis, trois façons de mal supporter la canicule et l'hiver, et une quinzaine d'années à voir ce qui tient et ce qui ne tient pas. Je ne suis ni thermicien ni installateur : je mesure, je compare les devis que je reçois, et j'écris ce que j'ai vérifié.
Ce site n'est pas un bureau d'études thermiques. Pour un dimensionnement de pompe à chaleur, un calcul de déperditions réglementaire ou un DPE, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe la limite.