L'hiver · regulation
Hygromètre connecté : suivre 5 pièces à la fois
Thermomètre hygromètre connecté multi-pièces : ce que plusieurs sondes montrent vraiment, ce qu'elles ratent, et combien il en faut avant d'acheter un lot.
Baptiste S. — propriétaire bailleur, fondateur du site 13 septembre 2026 mis à jour le 25 septembre 2026 11 min

Cet article complète le guide Trouver les déperditions de chaleur : la main d'abord
Il y a toujours une pièce dont quelqu’un se plaint, et personne dans le logement n’est d’accord sur son degré. Un thermomètre hygromètre connecté multi-pièces promet de trancher ce désaccord en posant une sonde dans chaque pièce et en renvoyant le tout sur un téléphone. Il tient cette promesse, mais pas pour la raison qu’on croit : ce n’est pas la température de la chambre qui apprend quelque chose, c’est l’heure à laquelle elle décroche.
Tout le reste — le nombre de sondes, la marque, la portée annoncée — se décide après cette idée-là, et se décide plus vite qu’on ne l’imagine.
Ce qu’une sonde mesure, et ce qu’on lui prête
Un boîtier de ce genre contient deux capteurs et rien d’autre de remarquable. Un capteur de température, dont l’erreur annoncée tourne autour de quelques dixièmes de degré. Un capteur d’humidité relative, dont la tolérance est franchement plus large, souvent de l’ordre de trois à cinq points, et qui dérive avec les années.
Ces deux capteurs mesurent l’air, à l’endroit exact où le boîtier se trouve. C’est une phrase banale et c’est la limite de fond de l’objet : ce que l’on ressent dans une pièce n’est pas la température de l’air, c’est à peu près la moyenne entre cette température et celle des surfaces que l’on a en face de soi. Une pièce à vingt degrés dont le mur extérieur tient quatorze degrés est inconfortable, et aucun relevé d’air ne le montrera jamais. Le tri entre ces deux sensations est le sujet entier du guide trouver les déperditions de chaleur, et c’est lui qu’il faut avoir lu avant de commander des sondes : elles ne voient qu’une des deux familles.
L’humidité relative n’est pas une quantité d’eau
Le second malentendu porte sur le pourcentage. L’hygrométrie affichée est relative : elle exprime la quantité d’eau contenue dans l’air rapportée à ce que cet air pourrait contenir à sa température du moment. Or cette capacité augmente très vite avec la température.
La conséquence est contre-intuitive et elle explique la moitié des questions sur le sujet. Chauffez une pièce de trois degrés sans y ajouter ni retirer la moindre goutte d’eau : le pourcentage affiché descend. Le logement ne s’est pas asséché, l’air s’est réchauffé. À l’inverse, une pièce non chauffée dont l’hygromètre monte à soixante-dix pour cent ne produit pas plus de vapeur que les autres : elle est simplement froide, et c’est là que la condensation se dépose en premier.
Les valeurs de confort couramment retenues par les organismes de santé publique se situent entre quarante et soixante pour cent — l’ANSES publie sur anses.fr ses travaux sur la qualité de l’air intérieur, et l’ADEME reprend ces repères dans ses guides pratiques gratuits sur ademe.fr. Lire un hygromètre sans lire le thermomètre à côté n’a donc aucun sens : les deux chiffres se commentent ensemble ou pas du tout.
Thermomètre hygromètre connecté multi-pièces : ce qu’un relevé apporte
Voilà ce qui distingue vraiment ces boîtiers d’un thermomètre d’intérieur à quelques euros, et ce n’est ni la précision ni l’application.
Un thermomètre à écran donne la valeur de l’instant où l’on passe devant. Cet instant est presque toujours le mauvais : le moment qui renseigne se situe vers cinq heures du matin, au creux de la nuit, avant que le chauffage ne relance. C’est à cette heure-là que les pièces se classent honnêtement, parce que plus rien ne compense ce qu’elles perdent. Personne ne va relever un écran à cinq heures du matin. Une sonde qui enregistre, si.
Et c’est de cet enregistrement que sort la seule information vraiment utile : non pas la taille de l’écart entre deux pièces, mais son horaire. Trois signatures reviennent, et elles n’appellent pas les mêmes dépenses.
Un écart qui se creuse la nuit et se referme en journée accuse ce que la pièce laisse partir. Un écart identique du matin au soir accuse ce qui la chauffe — un radiateur entravé, mal purgé, sous-dimensionné, ou un robinet qui n’ouvre plus. Un écart qui n’apparaît que les jours de vent accuse un défaut d’étanchéité, et c’est la seule signature qui désigne sa famille sans discussion possible : une paroi conduit la chaleur au même rythme par temps calme, alors qu’une fuite d’air a besoin d’une différence de pression pour travailler.
Lecture
Ce que votre relevé veut dire
L'application vous rend des courbes, jamais un diagnostic. Ce qui désigne la cause n'est pas la taille de l'écart entre deux pièces : c'est l'heure à laquelle il se creuse.
Écart mesuré
4 °C
considérable
Ce que le relevé accuse
L'enveloppe de la pièce
C'est la signature d'une pièce qui ne retient pas. Pendant la nuit, le chauffage ne compense plus rien et chaque pièce descend à sa propre vitesse : celle qui perd le plus arrive au matin avec le plus grand retard. L'écart mesuré au creux du petit matin est donc la mesure la plus honnête dont vous disposiez de ce que cette pièce laisse partir, et c'est le seul moment de la journée où le radiateur ne masque pas le problème. Reste à savoir laquelle des deux familles est en cause, et le relevé ne le dira pas tout seul : une paroi qui conduit et un défaut d'étanchéité donnent la même descente nocturne. C'est la main, le soir, qui les sépare.
Ce que dit l'hygrométrie, en second
Rien à signaler de ce côté : c'est la plage que les organismes de santé publique retiennent comme confortable, et elle ne vous apprend rien sur la pièce. Le diagnostic reste donc entièrement thermique, et c'est l'écart de température ci-dessus qui porte l'information.
Ce que ce relevé ne peut pas voir
Une sonde mesure l'air, jamais les murs. Le confort ressenti tient à peu près à la moyenne entre la température de l'air et celle des surfaces qu'on a en face de soi. Une pièce à 20 °C avec un mur non isolé à 14 °C est inconfortable sans qu'aucun relevé d'air ne le montre. C'est la limite de fond de cet instrument, et c'est un thermomètre de surface ou une caméra qui la lève.
Deux sondes ne s'accordent pas d'office. Les tolérances annoncées sur ces appareils se comptent en quelques dixièmes de degré, et davantage aux extrémités de leur plage. Faites-les cohabiter une journée au même endroit avant de les disperser, notez l'écart qu'elles affichent entre elles, et retirez-le de vos comparaisons : sans cette précaution, un demi-degré d'écart entre deux pièces peut n'être qu'un écart entre deux boîtiers.
Ce bloc oriente vers une famille de causes. Il ne chiffre aucune déperdition, ne dimensionne aucun équipement, et ne remplace pas un diagnostic sur place là où il y a de la condensation installée ou des moisissures.
Cette distinction n’est pas un raffinement. Elle sépare un joint de mousse à quelques euros d’un chantier d’isolation à plusieurs milliers, et les deux défauts donnent exactement la même sensation à celui qui entre dans la pièce.
Le relevé ne remplace pas la main
Il faut poser une limite tout de suite, parce que les pages de vente l’escamotent. Le relevé dit qu’il se passe quelque chose, et quand. Il ne dit pas où. Une courbe qui décroche la nuit ne désigne ni le coffre de volet roulant, ni la trappe de comble, ni le mur pignon : elle dit seulement que cette pièce-là perd plus vite que sa voisine.
La localisation se fait autrement, et elle ne coûte rien : le dos de la main légèrement mouillé, un soir où l’écart avec le dehors dépasse une dizaine de degrés, logement mis en dépression avec la hotte et la ventilation à fond. Pour cartographier une paroi entière plutôt qu’un point, l’outil qui prend le relais est décrit dans caméra thermique smartphone : avis, avec ses angles morts — le verre, les surfaces brillantes, et un écart dedans dehors insuffisant qui rend une image uniforme et inutile.
Combien de sondes, et pas une de plus
Les coffrets se vendent par trois, quatre ou six, et c’est le lot qui finit par décider de l’achat au lieu de la question posée. C’est l’erreur la plus banale du rayon, et elle coûte le prix de deux sondes qui finiront dans un tiroir.
Dimensionnement
Combien de sondes, et où les poser
Les coffrets se vendent par trois, quatre ou six, et c'est le lot qui finit par décider de l'achat. Le nombre utile, lui, dépend de la question posée — et il est souvent plus petit que le lot.
Sondes utiles
2 dont aucune dehors
Durée du relevé
trois jours pleins, chauffage réglé comme d'habitude
Où elles se posent
une sonde dans la pièce en cause, une seconde dans une pièce qui, elle, tient sa température — et les deux à la même hauteur, loin des radiateurs et des fenêtres
Ce que la sonde doit savoir faire
un historique enregistré, au pas d'un quart d'heure
Deux sondes, pas davantage, et le lot de six ne vous apprendra rien de plus. Ce qui se cherche ici n'est pas une température mais un écart, et un écart se lit à deux points. La pièce de référence est donc le vrai choix de ce relevé : prenez celle dont personne ne se plaint, au même étage si possible. Ce qui décide ensuite du diagnostic n'est pas l'amplitude de l'écart mais le MOMENT où il se creuse, et c'est la raison pour laquelle un afficheur qui ne garde rien en mémoire ne sert à rien : il faut la courbe de la nuit, pas la valeur du dîner.
Pourquoi le nombre de sondes ne suit pas le nombre de pièces
Une température seule ne se juge pas. Savoir qu'une chambre est à 17 °C n'apprend rien : c'est confortable pour dormir et insuffisant pour travailler. Ce qui s'interprète est un écart — entre deux pièces, entre deux moments, ou entre le dedans et le dehors. Toutes les questions de cette liste se ramènent donc à deux ou trois points de mesure bien choisis, jamais à une sonde par porte.
La sonde extérieure est celle qu'on oublie. Sans elle, un relevé de janvier et un relevé de mars ne se comparent pas, et un avant-après de travaux ne prouve rien. Une sonde dehors coûte le prix d'une sonde de plus et rend exploitable tout ce qui est mesuré dedans. Elle se pose à l'ombre, sous un débord, jamais en plein soleil : au soleil, elle mesure son propre boîtier.
Ce bloc dimensionne un relevé de confort. Il ne remplace pas un calcul de déperditions, qui demande les caractéristiques du bâti et se fait par un professionnel qualifié, sur place.
Deux points méritent d’être répétés hors du bloc, parce qu’ils décident de la valeur du relevé plus que la marque choisie.
Le premier est la sonde extérieure, systématiquement oubliée. Sans elle, deux périodes ne se comparent pas. Un calfeutrage posé en février qui semble n’avoir rien changé a peut-être très bien fonctionné — il a simplement fait moins froid la semaine suivante. Ce qui se compare d’une période à l’autre est l’écart entre le dedans et le dehors, jamais la température intérieure seule.
Le second est l’étalonnage croisé, qui ne coûte que du temps. Deux sondes de modèles différents posées côte à côte sur la même table peuvent afficher un demi- degré d’écart, ce qui est conforme à leurs tolérances respectives et suffit à inventer un problème entre deux pièces. Laissez-les cohabiter vingt-quatre heures au même endroit avant de les disperser, notez l’écart qu’elles montrent entre elles, et retranchez-le ensuite de vos comparaisons. C’est la seule précaution de cette page qui transforme un gadget en instrument.
Schéma interactif
Où poser les sondes pour comparer des pièces, et non des emplacements
Touchez un emplacement dans chaque pièce et dehors pour y poser la sonde : le verdict dit ce que le relevé compare vraiment.
← Glissez pour voir tout le schéma →
emplacement libre sonde posée même hauteur
Emplacement qui ment
Sur la tablette, au-dessus du radiateur
Une sonde posée au-dessus d'un radiateur mesure le radiateur, pas la pièce.
Bon emplacement
Sur le buffet, à hauteur d'usage
À hauteur d'usage, à distance des sources de chaleur et hors du soleil. C'est la pièce de référence : celle qui, elle, tient sa température.
Emplacement qui ment
Au plafond
Une sonde au plafond lit un air plus chaud de un à deux degrés que celui dans lequel on vit.
Emplacement qui ment
Au-dessus du radiateur de la chambre
Une sonde posée au-dessus d'un radiateur mesure le radiateur, pas la pièce.
Bon emplacement
Sur la table de chevet
Dans une chambre, la bonne hauteur est celle du lit. Pour comparer, la sonde de la pièce de référence doit être à la même hauteur, dans une situation comparable.
Emplacement qui ment
Sur l'appui, derrière le rideau, au soleil
Une sonde derrière un rideau en plein soleil mesure son propre boîtier.
Bon emplacement
Dehors, à l'ombre, sous un débord
C'est la sonde qu'on oublie systématiquement, et sans elle deux périodes ne se comparent pas. Sur pile bouton, elle s'arrête au pire moment, parce que le froid réduit la capacité de la pile : changez-la à l'entrée de l'hiver.
Emplacement qui ment
Contre la façade, au soleil
Jamais en plein soleil ni contre une façade exposée : la sonde mesure alors le rayonnement reçu par son boîtier plutôt que l'air.
Vous mesurez l'emplacement, pas la pièce
Pour comparer deux pièces, les deux sondes doivent être à la même hauteur et dans une situation comparable, faute de quoi on mesure l'emplacement au lieu de la pièce.
Les pièces se comparent, pas les périodes
Au soleil ou contre la façade, la sonde extérieure ne mesure pas l'air. Or sans référence extérieure, un relevé de janvier et un relevé de mars ne se comparent pas, et un avant-après de calfeutrage ne prouve rien : ce qui se compare est l'écart entre le dedans et le dehors.
Reste une précaution, qui ne coûte que du temps
Deux sondes de modèles différents posées côte à côte peuvent afficher un demi-degré d'écart, de quoi inventer un problème entre deux pièces. Laissez-les cohabiter vingt-quatre heures au même endroit, notez l'écart, et retranchez-le ensuite.
Le relevé compare les pièces, et deux périodes entre elles
Il dira à quelle heure la chambre décroche, et c'est cet horaire qui désigne la cause. Il ne dira pas où : la localisation se fait ensuite à la main. Et il ne voit que l'air : une paroi froide qui gâche le confort n'y apparaît pas.
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Les cinq lignes de la fiche qui décident
Le reste des caractéristiques est du remplissage. Celles-ci changent le service rendu.
La portée réelle, et la technologie de liaison. C’est le premier motif de retour du rayon. Les sondes en liaison courte portée annoncent des distances mesurées en champ libre, et une dalle béton ou deux cloisons suffisent à les diviser. Celles qui passent par le réseau sans fil du logement vont plus loin mais réclament une couverture correcte dans la cave ou le garage, ce qui est rarement le cas. Les systèmes à passerelle, avec une liaison radio dédiée entre les sondes et un boîtier central, sont les seuls qui traversent vraiment un logement sur plusieurs niveaux.
L’historique, et son pas de mesure. Sans enregistrement, on retombe sur un thermomètre à écran vendu quatre fois son prix. Un pas d’un quart d’heure est le minimum pour voir une relance de chauffage et un creux nocturne ; un pas horaire les lisse et les fait disparaître. Vérifiez aussi la profondeur conservée : un historique qui ne garde que sept jours interdit tout avant-après de travaux.
L’export des données. Une ligne qui n’intéresse personne au moment de l’achat, et qui décide de tout ensuite. Un relevé qu’on peut sortir en tableau se compare, se moyenne et se garde. Un relevé enfermé dans une application se consulte, et disparaît avec le service le jour où le fabricant ferme la boutique.
L’alimentation. Les piles boutons tiennent quelques mois dans une pièce tempérée et beaucoup moins dehors en hiver — le froid réduit nettement la capacité disponible. Une sonde extérieure sur pile bouton s’arrête donc au pire moment, c’est-à-dire pendant la vague de froid qui vous intéressait.
La précision annoncée, en dernier. C’est la ligne que les fiches mettent en avant et la moins déterminante, parce que ce qui compte ici est la cohérence entre sondes, pas la justesse absolue. Un jeu de sondes toutes décalées d’un tiers de degré dans le même sens donne des écarts parfaitement exploitables.
Le bon choix si cartographier plusieurs pièces sur un ou deux niveaux, historique à l'appui
Lot de sondes température et humidité à passerelle
4,1 / 5 — appréciation de la rédaction
- La liaison radio dédiée traverse les cloisons et les planchers, là où le sans-fil du logement décroche
- L'historique enregistré donne l'horaire de l'écart, qui est la seule information réellement utile
- Les sondes se déplacent d'une pièce à l'autre sans rien reconfigurer une fois la carte dressée
La réserve — La passerelle est un point unique de défaillance, et le service en ligne qui stocke l'historique appartient au fabricant. Regardez avant d'acheter ce qui continue de fonctionner hors ligne, et si les relevés peuvent sortir en tableau.
40 à 90 € le lot de trois à cinq sondes
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Pour une pièce unique dont on veut simplement surveiller l’ambiance, sans comparaison ni historique, le boîtier à écran reste le bon achat et ne se discute pas.
Le bon choix si surveiller l'ambiance d'une seule pièce, sans application ni compte
Thermomètre hygromètre d'intérieur à écran
4,3 / 5 — appréciation de la rédaction
- Aucun réseau, aucun compte, aucun service en ligne dont dépendre
- Les modèles à mémoire affichent le minimum et le maximum des dernières heures
- Se pose, se lit et s'oublie, pour le prix d'un repas
La réserve — Il ne garde pas de courbe, donc il ne dira jamais à quelle heure l'écart se creuse — et c'est précisément l'information qui sert à décider. Pour comparer deux pièces, il en faut deux du même modèle, achetés ensemble.
10 à 20 €
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Le rayon mélange les deux familles sous les mêmes mots-clés, et la liste des thermomètres hygromètres connectés multi-pièces (lien partenaire — Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.) donne un ordre de grandeur des prix du moment, des portées annoncées et de la présence ou non d’une passerelle.
Ce que le relevé désigne, et ce qu’il faut en faire
Une campagne qui s’arrête à la courbe est une campagne perdue. Voilà ce que chaque verdict appelle comme suite, dans l’ordre de ce que ça coûte.
Si l’écart est constant du matin au soir, commencez par le plus bête et le plus fréquent : un radiateur froid en bas et chaud en haut est à purger, un radiateur masqué par un canapé ou un rideau ne chauffe que le mur derrière lui, et un robinet thermostatique de quinze ans finit par se gripper en position fermée. C’est la cause la moins chère de toutes, et elle se corrige en une matinée. Quand la régulation elle-même est en cause, les conditions à vérifier avant d’investir sont détaillées dans têtes thermostatiques connectées : avis — à commencer par le corps de robinet, qui décide de la faisabilité avant tout le reste.
Si l’écart se creuse la nuit, le relevé a fait son travail et la main prend le relais : trappe de comble, joints de menuiserie fatigués, bas de porte, coffre de volet roulant, dans cet ordre de rentabilité. Ce sont les gestes du soir même, ceux dont on sent l’effet avant d’aller se coucher.
Si l’écart suit le vent, cherchez le trou et rien d’autre. Une isolation supplémentaire sur une pièce qui prend l’air par un défaut d’étanchéité est de l’argent placé au mauvais endroit.
Et si le relevé montre des pièces qui se comportent toutes correctement alors que la facture, elle, ne descend pas, le problème n’est pas dans le bâtiment : il est dans ce qui consomme. Le compter est un autre exercice, avec un autre instrument, décrit dans prise connectée pour mesurer la consommation : avis. Les deux relevés se complètent et ne se remplacent pas — l’un dit ce que le logement laisse partir, l’autre ce que les appareils réclament.
Dernier repère avant de conclure sur les températures elles-mêmes : la réglementation française fixe une limite de chauffage des locaux à usage d’habitation, dont les conditions et les dérogations sont exposées sur service-public.fr. Un relevé qui montre vingt- deux degrés partout n’est donc pas un relevé de confort, c’est un relevé de dépense.
Ce qui déçoit au bout de trois semaines
Les reproches durables sur ces produits ne portent presque jamais sur la mesure. Ils portent sur quatre choses, toutes prévisibles.
On ne regarde plus. C’est le sort de la majorité des installations laissées à demeure. Un relevé se consulte intensément pendant dix jours, puis plus du tout. C’est la raison pour laquelle ces sondes s’achètent pour une campagne, pas pour une décoration permanente : on mesure, on décide, on agit, et l’on n’en garde qu’une ou deux sur les postes qui comptent.
Les piles de la sonde extérieure lâchent pendant la vague de froid. Le froid réduit la capacité disponible d’une pile bouton, et c’est précisément quand le relevé devient intéressant qu’il s’interrompt. Changez-les à l’entrée de l’hiver, pas quand l’application se plaint.
La portée annoncée n’est pas la portée obtenue. Les distances des fiches techniques sont mesurées sans obstacle. Un plancher béton, un mur porteur ou une cage d’escalier métallique les réduisent fortement, et la sonde du garage est toujours celle qui décroche.
L’application, et ce qu’elle devient. Le capteur dure des années, le service en ligne beaucoup moins. Un fabricant qui ferme son service emporte l’historique avec lui, et c’est la raison pour laquelle l’export des données vaut mieux qu’une étoile de plus sur la fiche produit.
Où s’arrête ce que je peux dire
Cette page décrit un instrument, la façon de le lire et les limites de ce qu’il voit. Elle ne remplace ni un bilan thermique, ni un diagnostic sur place.
Je ne suis ni thermicien ni diagnostiqueur, et rien de ce qui précède ne chiffre une déperdition. Un calcul de déperditions, celui qui sert à dimensionner un équipement ou à monter un dossier d’aide, demande les caractéristiques réelles du bâti et se fait par un professionnel qualifié. De la même manière, une pièce où l’humidité reste haute avec de la condensation installée ou des traces dans les angles sort du cadre de ce site : c’est un sujet de ventilation et de bâti, qui se traite sur place et pas avec une courbe.
Ce que ces sondes donnent, en revanche, personne ne le donnera à leur place : l’heure à laquelle une pièce décroche. C’est un renseignement modeste, il tient en une phrase, et il évite de payer un chantier d’isolation pour un radiateur qui n’était pas purgé.
En bref
- Un thermomètre hygromètre connecté multi-pièces est-il vraiment utile ?
- Il l'est pour une question précise, et pour une seule : savoir comment les pièces se comportent les unes par rapport aux autres, et à quelle heure. Un relevé enregistré montre qu'une chambre décroche pendant la nuit ou qu'elle décroche seulement les jours de vent, et ces deux courbes désignent deux causes différentes, l'une qui coûte un chantier et l'autre un joint. En revanche, il ne mesure que l'air : une paroi froide qui gâche le confort n'y apparaît pas, parce qu'elle ne fait pas bouger la température de l'air d'un dixième de degré.
- Combien de sondes faut-il pour un logement ?
- Moins que ce que contient le lot, presque toujours. Une pièce qui reste froide se diagnostique avec deux sondes, celle de la pièce et celle d'une pièce de référence qui, elle, tient sa température. Un écart entre étages en demande une par niveau. Le seul cas qui justifie un lot de six est la cartographie complète d'un logement, et elle se fait une fois : la carte dressée, les sondes retournent sur les deux ou trois pièces qui méritent un suivi. Ce qui manque le plus souvent n'est pas une sonde de plus à l'intérieur, mais la sonde extérieure.
- Où poser une sonde pour qu'elle ne mente pas ?
- À hauteur d'usage, à distance des sources de chaleur et hors du soleil. Une sonde posée au-dessus d'un radiateur mesure le radiateur, une sonde derrière un rideau en plein soleil mesure son propre boîtier, une sonde au plafond lit un air plus chaud de un à deux degrés que celui dans lequel on vit. Dans une chambre, la bonne hauteur est celle du lit. Et si l'on compare deux pièces, il faut que les deux sondes soient à la même hauteur et dans une situation comparable, faute de quoi on mesurera l'emplacement au lieu de la pièce.
- Quelle différence entre un thermomètre d'intérieur à écran et une sonde connectée ?
- Le capteur est comparable et la mesure aussi. Ce qui change est la mémoire, et c'est décisif ici. Un thermomètre à écran donne la valeur de l'instant, celle du moment où l'on passe devant, et cet instant est presque toujours le mauvais : le creux qui compte se produit vers cinq heures du matin, quand personne ne regarde. Une sonde connectée enregistre un point toutes les quelques minutes et rend une courbe. Pour un simple contrôle d'ambiance, l'écran suffit et coûte quatre fois moins cher ; pour un diagnostic, il ne sert à rien.
- Quel taux d'humidité viser dans une pièce chauffée ?
- La plage de confort couramment retenue par les organismes de santé publique se situe entre quarante et soixante pour cent d'humidité relative, et il faut lire ces valeurs pour ce qu'elles sont : relatives à la température. Le même air contient la même eau à trente pour cent lorsqu'il est à vingt-deux degrés et à trente-huit pour cent lorsqu'il est à dix-neuf. Une chute d'hygrométrie en hiver ne signale donc pas un assèchement du logement mais, très souvent, une consigne de chauffage montée trop haut.
- Faut-il vraiment une sonde à l'extérieur ?
- Oui dès que l'on compare deux périodes, et c'est la sonde qu'on oublie systématiquement. Sans référence extérieure, un relevé de janvier et un relevé de mars ne se comparent pas, et un avant-après de calfeutrage ne prouve rien du tout : ce qui se compare est l'écart entre le dedans et le dehors, pas la température intérieure seule. Elle se pose à l'ombre et sous un débord, jamais en plein soleil ni contre une façade exposée, sinon elle mesure le rayonnement reçu par son boîtier plutôt que l'air.
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Qui écrit
Baptiste S.
Propriétaire bailleur, fondateur du site
Je vis dans ma maison et je gère plusieurs logements en location — une maison ancienne, des appartements plus récents. Trois bâtis, trois façons de mal supporter la canicule et l'hiver, et une quinzaine d'années à voir ce qui tient et ce qui ne tient pas. Je ne suis ni thermicien ni installateur : je mesure, je compare les devis que je reçois, et j'écris ce que j'ai vérifié.
Ce site n'est pas un bureau d'études thermiques. Pour un dimensionnement de pompe à chaleur, un calcul de déperditions réglementaire ou un DPE, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe la limite.