L'hiver — Quand il fait trop froid
Maison qui ne chauffe pas : par où commencer
Avoir froid chez soi relève de deux causes très différentes, qui se ressentent exactement pareil. Les séparer prend une soirée et coûte une poignée d'euros — et c'est ce tri qui décide de tout le reste.
Baptiste S. — propriétaire bailleur, fondateur du site 1 septembre 2026 mis à jour le 25 septembre 2026 12 min 2 guides 16 articles

Le premier hiver dans la maison, j’ai monté le thermostat. Puis je l’ai monté encore. La facture a suivi, le confort non — et il m’a fallu deux saisons pour comprendre que je traitais un symptôme dont je n’avais pas identifié la cause.
Parce qu’il y a deux façons d’avoir froid chez soi, elles se ressentent exactement pareil, et elles ne se réparent pas du tout pareil. L’une se règle en une soirée pour une poignée d’euros. L’autre est un chantier. Tout ce qui suit découle de ce tri.
Maison qui ne chauffe pas : les deux familles à séparer
L’air qui passe. Un défaut d’étanchéité quelque part laisse entrer de l’air froid, et le même volume d’air chauffé ressort ailleurs — un logement ne se gonfle pas. Ça se sent au toucher, ça se localise en quelques minutes, et ça se répare avec du mastic, un joint, une plaque d’isolant vissée sur une trappe. L’effet se sent le soir même.
La paroi qui conduit. Aucun trou, aucun courant d’air : un mur, un vitrage, un plancher dont la surface entière laisse partir la chaleur en continu. Il n’y a rien à calfeutrer, littéralement rien à boucher. Ce qui traite ce cas-là est un chantier, et il se compte en milliers d’euros.
Les deux donnent la même sensation — avoir froid dans une pièce chauffée — et c’est pour ça que le tri passe avant tout le reste. Se tromper de famille, c’est acheter une isolation quand il fallait un joint, ou poser des joints partout sur une maison dont le vrai problème est au-dessus de la tête.
Il existe une troisième cause, plus rare et souvent confondue avec les deux autres : l’appareil qui ne délivre pas. Un radiateur embourbé, un réseau déséquilibré, un appoint sous-dimensionné. Elle se reconnaît à un symptôme distinct — la pièce met très longtemps à monter, ou n’y arrive jamais — et elle se vérifie d’une main posée sur le radiateur.
Triage
Par quelle pièce commencer
Trois questions sur ce que vous constatez, pas sur ce que vous en pensez. La réponse dit d'abord à quelle famille de causes vous avez affaire — c'est ce tri-là qui décide si la réparation coûte vingt euros ou dix mille.
Vu vos réponses : Le séjour, le soir · Un filet d'air froid au ras du sol · Plusieurs heures d'affilée
De l'air qui passe
Un filet d'air perceptible au ras du sol désigne un défaut d'étanchéité, pas un défaut d'isolation. L'air froid est plus dense que l'air chaud : il descend, rampe, et s'accumule exactement là où se trouvent les chevilles de quelqu'un d'assis. C'est la famille la moins coûteuse à traiter et celle dont l'effet se sent le soir même.
- 01
Mettre le logement en dépression et faire le tour
0 €
Hotte à fond, ventilation en grande vitesse, portes intérieures ouvertes, puis le dos de la main légèrement mouillé le long des menuiseries, du bas de porte et de la trappe de comble. Ce qui entrait discrètement entre alors franchement.
- 02
La trappe des combles, si elle existe
10 à 25 €
Un panneau isolant collé sur sa face haute et un joint de mousse sur le pourtour du cadre. Vingt minutes pour le poste le plus rentable du logement.
Voir les modèles sur Amazon - 03
Les joints de menuiserie et le bas de porte
15 à 40 €
Le joint du dormant fait trois côtés sur quatre et il est presque toujours mort au-delà de quinze ans. Le seuil vient après, même s'il se ressent davantage.
Voir les modèles sur Amazon
Ce que ça ne règle pas : une paroi froide. Si après ces trois gestes vous avez toujours froid assis près du mur alors que le thermomètre affiche la bonne valeur, c'est l'autre famille — et elle relève du chantier.
Dans un séjour, le filet d'air au sol vient neuf fois sur dix d'une porte donnant sur une pièce non chauffée — cage d'escalier, cellier, garage — plutôt que des fenêtres. Commencez par celle-là.
Ce que ce bloc rend, c’est une famille, puis les gestes de cette famille-là. Le symptôme y est choisi parmi des faits vérifiables sans instrument : un filet d’air sur les chevilles, une surface froide au toucher, un délai de montée. Pas parmi des appréciations, parce qu’une appréciation ne se trie pas.
Pourquoi vous avez froid à vingt degrés
C’est le point qui explique la moitié des déceptions de l’hiver, et il n’est presque jamais dit.
Ce qu’on ressent dans une pièce n’est pas la température de l’air. C’est, à peu près, la moyenne entre cette température et celle des surfaces qu’on a en face de soi. Un mur non isolé, un jour d’hiver, tient une surface nettement plus froide que l’air de la pièce. Il tire ce ressenti vers le bas, en permanence, sans que le thermomètre ne bouge d’un dixième.
Un simple vitrage le démontre sans rien mesurer : la vitre est glacée au toucher alors que la pièce est à vingt degrés. Rien ne fuit par là, aucun air ne passe. La surface conduit, c’est tout.
Deux conséquences pratiques en découlent, et elles sont contre-intuitives.
Monter la consigne ne corrige pas une paroi froide. Cela réchauffe l’air — donc une moitié seulement de ce qu’on ressent — et augmente tout ce qui part à travers la paroi, puisque l’écart de température avec le dehors grandit. C’est exactement le réflexe que j’ai eu le premier hiver.
Le confort décroche avant la facture. Bien avant que les watts perdus ne deviennent scandaleux, la température de surface est déjà descendue assez bas pour qu’on ne puisse plus s’asseoir contre ce mur. C’est ce décrochage-là qui fait qu’on monte le thermostat, et il est prévisible.
La mécanique complète, avec ce que représente concrètement chaque type de paroi, est développée dans trouver les déperditions de chaleur.
La soirée qui vaut tous les diagnostics
Elle ne coûte rien, elle prend trois quarts d’heure, et elle décide de tout ce qu’il faudra acheter ensuite.
Mettez le logement en dépression. Hotte de cuisine à pleine vitesse, ventilation en grande vitesse si vous en avez une, portes intérieures ouvertes, fenêtres fermées. Tout ce qui entrait discrètement se met alors à entrer franchement, et l’écart devient perceptible à la main.
Passez le dos de la main, légèrement mouillé. Le dos plutôt que la paume : la peau y est plus fine et les récepteurs au froid plus nombreux. Mouillé, parce que l’évaporation amplifie le moindre mouvement d’air. Ce n’est pas une astuce de bricoleur, c’est la méthode d’observation la plus élémentaire du bâtiment.
Suivez un ordre, et commencez par le haut. Dans les répartitions publiées par l’ADEME pour une maison individuelle non rénovée, la toiture pèse à elle seule de l’ordre du quart des déperditions, devant les murs, puis le renouvellement d’air, puis seulement les fenêtres — qu’on soupçonne toujours en premier alors qu’elles arrivent quatrième. Ce sont des ordres de grandeur dont chaque bâti s’écarte, mais ils suffisent à fixer l’ordre dans lequel chercher.
Terminez par la paume à plat sur les parois. Là où la main ne sent aucun mouvement d’air mais trouve une surface franchement froide, vous avez changé de famille — et la réponse n’est plus dans la même échelle de prix.
Une condition, sans laquelle la soirée ne donne rien : il faut un vrai écart avec le dehors. Sous une dizaine de degrés de différence, la main ne distingue plus rien. Choisissez une soirée froide, c’est le seul moment où le logement parle.
Le bon choix si chiffrer l'écart entre deux parois, et vérifier un chantier après coup
Thermomètre infrarouge sans contact
4,4 / 5 — appréciation de la rédaction
- Transforme une impression en chiffre : l'écart entre deux murs de la même pièce cesse d'être discutable
- Trouve en quelques minutes le point le plus froid d'une pièce, donc celui qui gouverne le ressenti
- Sert aussi à vérifier une reprise de travaux, ce qu'aucune sensation ne permet
La réserve — Il ne lit correctement que les surfaces mates : une vitre, un carrelage brillant ou un radiateur peint renvoient le rayonnement d'autre chose et l'appareil affiche ce reflet. C'est la source d'erreur la plus fréquente sur cet outil — visez du mat, ou collez un ruban adhésif sur ce qui brille et visez le ruban.
20 à 45 €
Fourchette indicative — le prix du jour est sur Amazon
Lien affilié Amazon — le prix ne change pas pour vous.
Ce qui se répare le soir même
Les défauts de la famille « air » se traitent avec trois ou quatre fournitures, et ce sont les seules dépenses de cette page dont on sent l’effet immédiatement.
La trappe des combles vient en premier, quand elle existe. Un panneau de polystyrène ou de laine rigide collé sur sa face haute, un joint de mousse sur le pourtour du cadre. Vingt minutes pour le poste le plus rentable du logement, et c’est aussi celui qu’on trouve en trois secondes une fois le logement mis en dépression.
Les joints de menuiserie ensuite. Le test qui décide en trois secondes : glissez une feuille de papier entre l’ouvrant et le dormant, fenêtre fermée, et tirez. Si elle sort sans résistance, le joint ne comprime plus rien. Refaites-le en quatre points par côté — un joint meurt rarement sur toute sa longueur d’un coup.
Le bon choix si reprendre les menuiseries dont le joint d'origine s'est écrasé avec les années
Joint isolant adhésif pour fenêtre et porte
4,3 / 5 — appréciation de la rédaction
- Traite trois côtés sur quatre d'une ouverture : c'est mathématiquement le geste le plus rentable
- L'effet se sent le soir même de la pose, ce qu'aucun chantier ne permet
- Un rouleau couvre plusieurs ouvrants, ce qui rend le coût par fenêtre dérisoire
La réserve — Les sections ne sont pas interchangeables, et c'est l'erreur d'achat la plus fréquente du rayon : mesurez la largeur de la feuillure et l'épaisseur du jeu avant de commander. Un joint trop épais empêche la fenêtre de fermer correctement — vous aurez créé un défaut là où il n'y en avait pas.
8 à 20 € le rouleau
Fourchette indicative — le prix du jour est sur Amazon
Lien affilié Amazon — le prix ne change pas pour vous.
Le bas de porte enfin, qui est le défaut le plus sensible sans être le plus lourd : il arrive au niveau du sol, là où l’air froid s’accumule, donc directement sur les chevilles de quelqu’un d’assis. Le détail du choix — et pourquoi c’est le sol qui décide du produit, jamais la porte — est dans boudin bas de porte efficace : lequel tient.
Reste le cas particulier du conduit de cheminée hors service, qui tire en permanence et sort l’air chauffé par le toit. Un obturateur gonflable règle la question, à condition que le conduit soit vraiment hors service et qu’on laisse une trace visible de sa présence.
Le piège dans lequel il ne faut pas tomber
Il y a un moment, dans cette chasse, où l’on prend goût à colmater. C’est là que le sujet devient dangereux.
Une grille de ventilation n’est pas une fuite. Une entrée d’air en haut d’une fenêtre n’est pas un défaut. Une bouche de VMC encore moins. Ces ouvertures font entrer et sortir l’air délibérément, pour évacuer l’humidité que produisent la cuisine, les douches et le simple fait de respirer — plusieurs litres d’eau par jour dans un logement occupé. Les boucher fait disparaître le courant d’air et apparaître la condensation, puis les moisissures dans les angles et derrière les meubles.
Et si un appareil à combustion est raccordé quelque part — chaudière, poêle, chauffe-eau au gaz — la ventilation n’est plus une question de confort. Les consignes de prévention des intoxications au monoxyde de carbone sont publiées chaque hiver sur service-public.fr.
La règle tient en une ligne : on bouche les trous non voulus, on laisse scrupuleusement ouverts ceux qui le sont. En cas de doute sur une ouverture, elle est voulue.
Ce que la régulation rattrape, et ce qu’elle ne rattrape pas
Une fois les fuites traitées, le levier suivant n’est pas un appareil : c’est le nombre d’heures pendant lesquelles le chauffage tourne pour personne.
Le gain d’une programmation est exactement proportionnel aux heures qu’elle supprime — absences, nuits, week-ends ailleurs. Un logement occupé en permanence n’a presque rien à couper, et aucun thermostat ne créera des heures qui n’existent pas. C’est le seul chiffre qui décide de l’achat, et il ne figure sur aucune fiche produit : comptez-le sur une semaine type avant de commander.
Deux points contre-intuitifs valent d’être connus. Une absence courte ne rapporte rien : le logement a de l’inertie, il ne descend presque pas en deux heures, et la relance au retour reprend le peu qu’on a gagné. Les abaissements qui rapportent durent — les nuits, les journées de travail, les vacances. Et plus un logement est mal isolé, plus la programmation rapporte, parce qu’il descend vite et que les pertes évitées sont grandes.
S’y ajoute le levier de la consigne elle-même, avec le repère de l’ADEME — de l’ordre de sept pour cent de consommation de chauffage en moins par degré retiré. Il se cumule avec le précédent, puisque supprimer des heures et abaisser les heures restantes sont deux actions indépendantes. Le détail, et les quatre pièges d’une programmation qui ne rapporte rien, sont dans thermostat connecté radiateur électrique : le gain.
L’appoint : à quoi il sert vraiment
Il faut dire une chose qui règle son compte à la moitié du rayon : à puissance et durée de marche égales, tous les appoints électriques consomment exactement la même chose. Toute l’électricité qui entre ressort en chaleur dans la pièce — il n’y a ni fumée, ni conduit, ni rendement à gagner. Le convecteur bon marché et le panneau à inertie qui coûte huit fois plus rendent le même nombre de kilowattheures pour le même prix.
Ce qui varie, c’est le temps de marche, et il dépend de deux choses : la régulation, et l’appariement entre l’appareil et le poste. Un soufflant est le seul à tenir un délai de dix minutes dans une salle de bain, parce qu’il ne réchauffe que l’air. Un bain d’huile est le seul supportable dans un bureau occupé six heures, parce qu’il ne souffle pas. Aucun des deux ne peut gagner sur le terrain de l’autre.
Le raisonnement complet, poste par poste, est dans quel chauffage d’appoint choisir, et la démonstration chiffrée de l’équivalence dans radiateur inertie ou soufflant : la consommation.
Un dernier point qui n’est pas une question de confort : ce que la ligne supporte. Un appoint de deux mille watts appelle un peu moins de neuf ampères ; trois appareils en tirent près de vingt-six, ce qui dépasse ce que beaucoup de logements ont souscrit. Sur une multiprise donnée pour trois mille cinq cents watts, un seul appoint occupe plus de la moitié de la réserve. Un appareil de chauffage se branche directement au mur, jamais sur une rallonge enroulée, jamais derrière un meuble.
Les quatre dépenses qui déçoivent le plus
Le radiateur « économique ». La mention ne qualifie jamais la chaleur produite : elle désigne au mieux la présence d’un thermostat. Payer pour un rendement supérieur revient à payer pour quelque chose qui n’existe pas.
Le film de survitrage posé sur une fenêtre dont les joints sont morts. L’air continue de passer par le battement, et le film enferme cette circulation entre lui et la vitre, où elle est parfaitement inutile. Les joints d’abord, le film ensuite : l’ordre coûte moins cher et donne un meilleur résultat. Le sujet est traité dans film survitrage fenêtre : avis sur simple vitrage.
La caméra thermique achetée pour trouver les fuites. Elle cartographie très bien, et elle ne trouve rien que la main n’ait déjà trouvé sur les défauts courants d’un logement. Son intérêt réel est ailleurs — montrer un défaut à un artisan, ou repérer un isolant tassé sur une grande surface — et il est discuté sans complaisance dans caméra thermique smartphone : avis après un hiver.
Le calfeutrage des entrées d’air, déjà dit, et qui mérite d’être répété parce que c’est la seule dépense de cette liste qui puisse rendre un logement insalubre.
Schéma interactif
Dans quel ordre dépenser : les trois budgets, puis le chantier
Touchez une marche ou une dépense barrée : la fiche dit ce qu'on y met, et pourquoi à cette place.
← Glissez pour voir tout le schéma →
Avec zéro euro : trier, avant tout achat
La soirée de dépression et de main mouillée, en commençant par le haut : elle sépare l'air qui passe de la paroi qui conduit, et tant qu'elle n'est pas faite, tout achat est un pari. Choisissez une soirée froide : sous une dizaine de degrés d'écart avec le dehors, la main ne distingue plus rien.
Fermer volets et rideaux dès la tombée du jour. Baisser la consigne d'un degré et voir ce que ça donne pendant une semaine avant de décider ; l'ADEME donne un repère de l'ordre de 7 % de consommation de chauffage en moins par degré retiré.
C'est le palier qui produit le plus d'information par euro dépensé, et il n'en dépense aucun.
Avec cent cinquante euros : réparer les fuites
La trappe des combles d'abord, quand elle existe : un panneau isolant collé sur sa face haute, un joint de mousse sur le pourtour, le poste le plus rentable du logement. Puis les joints de menuiserie sur les ouvrants qui en ont besoin. Puis un bas de porte sur la porte qui donne sur une pièce non chauffée.
Ces trois postes se sentent le soir même, ce qui est rare sur ce sujet, et ils ne se refont pas avant plusieurs années. Pour les joints, mesurez la largeur de la feuillure et l'épaisseur du jeu avant de commander : les sections ne sont pas interchangeables.
Lien affilié. Prix et disponibilité à vérifier sur Amazon. Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.
Avec six cents euros : réguler, puis l'appoint ciblé
Une régulation correcte sur ce qui n'en a pas. Son gain est exactement proportionnel aux heures qu'elle supprime : comptez-les sur une semaine type avant de commander.
Un appoint pour le poste précis qui le justifie, une salle de bain, un bureau, choisi sur le poste et pas sur la technologie. Le reste au thermomètre infrarouge, qui servira à décider du chantier suivant avec des chiffres plutôt qu'avec des impressions.
Lien affilié. Prix et disponibilité à vérifier sur Amazon. Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.
Lien affilié. Prix et disponibilité à vérifier sur Amazon. Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.
Au-delà : un chantier, qui ne se décide pas ici
Une paroi qui conduit n'a rien à boucher : ce qui la traite est un chantier, et il se compte en milliers d'euros. Le bilan de déperditions chiffré se fait par un professionnel qualifié sur place, dans le cadre d'un audit énergétique dont les conditions et les aides sont décrites sur service-public.fr.
Le radiateur « économique »
La mention ne qualifie jamais la chaleur produite : elle désigne au mieux la présence d'un thermostat. À puissance et durée de marche égales, tous les appoints électriques consomment exactement la même chose.
Le film de survitrage sur des joints morts
L'air continue de passer par le battement, et le film enferme cette circulation entre lui et la vitre, où elle est parfaitement inutile. Les joints d'abord, le film ensuite : l'ordre coûte moins cher et donne un meilleur résultat.
La caméra thermique achetée pour trouver les fuites
Elle ne trouve rien que la main n'ait déjà trouvé sur les défauts courants d'un logement. Son intérêt réel est ailleurs : montrer un défaut à un artisan, ou repérer un isolant tassé sur une grande surface.
Le calfeutrage des entrées d'air
La seule dépense de cette liste qui puisse rendre un logement insalubre : le courant d'air disparaît, la condensation apparaît, puis les moisissures. Et si un appareil à combustion est raccordé quelque part, la ventilation n'est plus une question de confort.
On bouche les trous non voulus, on laisse scrupuleusement ouverts ceux qui le sont. En cas de doute sur une ouverture, elle est voulue.
Ce que je ferais, avec trois budgets
Sur les trois logements que je gère, et dans cet ordre.
Avec zéro euro. La soirée de dépression et de main mouillée, en commençant par le haut. Fermer volets et rideaux dès la tombée du jour, ce qui enferme une lame d’air devant les vitrages pendant les heures les plus froides. Baisser la consigne d’un degré et voir ce que ça donne pendant une semaine avant de décider. C’est le palier qui produit le plus d’information par euro dépensé, et il n’en dépense aucun.
Avec cent cinquante euros. La trappe des combles, les joints de menuiserie sur les ouvrants qui en ont besoin, un bas de porte sur la porte qui donne sur une pièce non chauffée. Ces trois postes se sentent le soir même, ce qui est rare sur ce sujet, et ils ne se refont pas avant plusieurs années.
Avec six cents euros. Une régulation correcte sur ce qui n’en a pas, et un appoint pour le poste précis qui le justifie — une salle de bain, un bureau — en choisissant sur le poste et pas sur la technologie. Le reste va au thermomètre infrarouge, qui servira à décider du chantier suivant avec des chiffres plutôt qu’avec des impressions.
Au-delà, c’est un chantier, et il ne se décide pas sur cette page. Un bilan de déperditions chiffré, celui qui sert à dimensionner une installation ou à monter un dossier d’aide, se fait par un professionnel qualifié sur place, dans le cadre d’un audit énergétique dont les conditions et les aides sont décrites sur service-public.fr. L’ADEME publie par ailleurs des guides pratiques gratuits sur la rénovation et l’isolation, en accès libre sur ademe.fr.
Où s’arrête ce que je peux dire
Je ne suis ni thermicien, ni électricien, ni installateur. Ce que j’ai, ce sont trois logements qui se comportent différemment l’hiver, une quinzaine d’années à comparer ce qui a marché sur l’un et pas sur l’autre, et un premier hiver passé à monter le thermostat pour rien.
Ce que je ne peux pas faire, c’est chiffrer ce que ces gestes vous feront gagner. Cela dépend de l’étanchéité réelle du logement, de la surface des parois, de l’écart avec le dehors et du vent — autant de choses qu’un test d’infiltrométrie mesure et qu’une page web ne devine pas.
Ce que je peux affirmer, c’est l’ordre, et il ne dépend d’aucun logement particulier : trier les deux familles passe avant de réparer, réparer les fuites passe avant de réguler, et réguler passe avant d’acheter un appareil. Prendre ces étapes à l’envers coûte plus cher pour un résultat moindre.
Quand la même maison deviendra invivable dans l’autre sens, c’est le même bâtiment qu’il faudra regarder — les combles qui laissent partir la chaleur en janvier sont ceux qui la laissent entrer en août : quand il fait trop chaud.
Le détail, guide par guide
Cette page arbitre ; les guides détaillent. Ils se lisent dans cet ordre, qui n'est pas alphabétique.
-
01 Trouver les déperditions de chaleur : la main d'abord Deux familles de pertes se ressentent exactement pareil et ne se réparent pas du tout pareil. Les trier coûte une soirée et évite d'acheter un chantier quand il fallait un joint. -
02 Quel chauffage d'appoint choisir, et pour quel poste La comparaison des appareils ne mène nulle part : ils consomment tous la même chose pour la même chaleur. Ce qui se choisit vraiment, c'est ce qu'on leur demande de tenir, et combien de temps.
Les questions précises
-
Radiateur froid en bas : purger, et dans quel ordre Radiateur froid en bas : ce que la purge peut vraiment, ce que la hauteur du froid dit du diagnostic, et l'ordre exact à tenir pour purger la maison entière. -
Déshumidificateur ou absorbeur d'humidité : lequel assèche Déshumidificateur ou absorbeur d'humidité : lequel assèche vraiment ? Les litres par jour de chacun, le volume clos où le second gagne, et ce qui ne coûte rien. -
Chauffage d'appoint au gaz catalytique : avis et danger La catalyse supprime la flamme, donc le seul témoin gratuit d'une combustion qui dérape. Avis sur ce chauffage d'appoint au gaz, et sur ses vraies limites. -
Peinture isolante thermique : avis et calcul Peinture isolante thermique, notre avis : la promesse ne tient pas devant une division. Pour valoir dix centimètres de laine, il en faudrait onze de peinture. -
Chauffage au pétrole : rendement, odeur, danger Le rendement de 100 % d'un chauffage d'appoint au pétrole n'est pas un argument de vente : c'est la description même de son danger. Ce qui reste dans la pièce. -
Isoler une porte de garage : kits et vrai gain Isoler une porte de garage qui donne sur le froid : le gain ne se lit pas sur la porte, mais sur le mur mitoyen. Voici le calcul, et ce que le pourtour pèse. -
Isolant mince derrière radiateur : avis et vrai gain Isolant mince derrière radiateur, notre avis : le gain ne vient pas du panneau mais du mur. Sur une paroi isolée, il tombe à quatre pour cent. Voici le calcul. -
Joint calfeutrage fenêtre : comparatif des 4 familles Joint de calfeutrage fenêtre, comparatif des 4 familles : la section se déduit du jeu mesuré, et sur un profilé collé, la pose pèse plus lourd que la matière. -
Hygromètre connecté : suivre 5 pièces à la fois Thermomètre hygromètre connecté multi-pièces : ce que plusieurs sondes montrent vraiment, ce qu'elles ratent, et combien il en faut avant d'acheter un lot. -
Prise connectée : mesurer la consommation, notre avis Prise connectée pour mesurer la consommation, notre avis : le chiffre utile n'est jamais le watt affiché mais le cumul. Ce qu'elle voit, et ce qu'elle rate. -
Têtes thermostatiques connectées : économies réelles Têtes thermostatiques connectées, notre avis : le gain vient de la consigne tenue pièce par pièce, jamais de la connexion. Le corps de robinet décide du reste. -
Boudin bas de porte efficace : lequel tient Boudin de bas de porte efficace : un centimètre sous une porte de 80 cm laisse un trou de 80 cm² au sol. Le bon modèle se choisit sur le sol, pas sur la porte. -
Caméra thermique smartphone : avis après un hiver Caméra thermique smartphone, notre avis : le module cartographie, il ne décide pas. Ce qu'il trouve vraiment, et à quelle distance il cesse vraiment de servir. -
Film survitrage fenêtre : avis sur simple vitrage Film survitrage fenêtre, avis sur simple vitrage : il ne remplace pas un double vitrage, mais remonte la température du verre et supprime durablement la buée. -
Radiateur inertie ou soufflant : la consommation Radiateur inertie ou soufflant, la consommation réelle : à puissance et durée égales, même chiffre au compteur. L'écart vient du temps que chacun passe allumé. -
Thermostat connecté radiateur électrique : le gain Le gain ne vient pas de la connexion mais des heures supprimées. Comptez-les d'abord : dans un logement occupé en permanence, il n'y a rien à gagner.
En bref
- Maison qui ne chauffe pas : par quoi commencer quand on ne sait pas d'où ça vient ?
- Par séparer les deux familles de causes, parce qu'elles se ressentent pareil et ne se réparent pas du tout pareil. De l'air qui passe se trouve à la main en une soirée et se répare le soir même pour quelques dizaines d'euros. Une paroi qui conduit ne laisse passer aucun air : il n'y a rien à boucher, et le traitement est un chantier. Le tri se fait avec le dos de la main légèrement mouillé le long des menuiseries, logement mis en dépression, puis la paume à plat sur les murs. Tant qu'il n'est pas fait, tout achat est un pari.
- Pourquoi ai-je froid dans une pièce à vingt degrés ?
- Parce que ce qu'on ressent n'est pas la température de l'air, mais à peu près sa moyenne avec celle des surfaces qu'on a en face de soi. Un mur non isolé ou un simple vitrage tiennent, un jour d'hiver, une température de surface nettement inférieure à celle de l'air, et ils tirent ce ressenti vers le bas en permanence sans que le thermomètre ne bouge d'un dixième. C'est la raison pour laquelle monter la consigne ne règle rien : cela réchauffe l'air, jamais la paroi, et augmente au passage tout ce qui part à travers elle.
- Quel est le poste le plus rentable à traiter en premier ?
- La trappe des combles, presque toujours, quand elle existe. Un panneau isolant collé sur sa face haute et un joint de mousse sur le pourtour du cadre coûtent quelques euros et vingt minutes de travail. Viennent ensuite les joints de menuiserie fatigués, qui ferment trois côtés sur quatre d'une ouverture et sont presque toujours morts au-delà de quinze ans, puis les bas de porte. Ces trois postes se sentent le soir même, ce qu'aucun chantier d'isolation ne permet.
- Faut-il boucher les grilles de ventilation quand on a froid ?
- Non, jamais, et c'est l'erreur la plus dangereuse de la saison. Une grille de ventilation, une entrée d'air en haut de fenêtre ou une bouche de VMC font entrer et sortir l'air délibérément, pour évacuer les litres d'humidité qu'un logement occupé produit chaque jour. Les boucher fait disparaître le courant d'air et apparaître la condensation, puis les moisissures. Et si un appareil à combustion est raccordé quelque part, la ventilation cesse d'être une question de confort.
- Un chauffage d'appoint peut-il régler le problème ?
- Il ajoute de la chaleur, il ne supprime aucune perte. Branché dans une pièce dont la trappe de comble n'est pas jointive, il chauffe les combles avec application tous les soirs, et vous le paierez tous les soirs. L'appoint a un rôle réel — traiter un poste précis pendant une durée précise — mais il vient après le tri, jamais avant. Et à puissance et durée égales, tous les appoints électriques consomment exactement la même chose : ce qui varie est le temps qu'ils passent allumés.
- Combien fait-on d'économies en baissant d'un degré ?
- L'ADEME diffuse dans ses guides pratiques un repère de l'ordre de sept pour cent de consommation de chauffage en moins par degré retiré à la consigne. C'est une moyenne, elle dépend du bâtiment, et elle est d'autant plus favorable que le logement perd vite sa chaleur. Ce levier a l'avantage de se cumuler avec la suppression d'heures de chauffe, qui est une action indépendante — et l'inconvénient de se ressentir, d'autant plus que les parois sont froides.
Devis gratuits · sans engagement
Faire chiffrer les travaux
Cinq questions, l'adresse en dernier. La première suffit à savoir dans quel ordre traiter — et sur deux postes, la réponse est d'attendre.
L'autre moitié
Une paroi qui laisse partir la chaleur en février est celle qui la laissera entrer en août. Les gestes changent, le bâtiment non.
Quand il fait trop chaud