L'hiver · regulation
Déshumidificateur ou absorbeur d'humidité : lequel assèche
Déshumidificateur ou absorbeur d'humidité : lequel assèche vraiment ? Les litres par jour de chacun, le volume clos où le second gagne, et ce qui ne coûte rien.
Baptiste S. — propriétaire bailleur, fondateur du site 25 octobre 2026 mis à jour le 25 octobre 2026 11 min

Cet article complète le guide Trouver les déperditions de chaleur : la main d'abord
Entre un déshumidificateur et un absorbeur d’humidité, le rayon ne vous aide pas : les deux boîtes promettent de l’air plus sec, se rangent au même endroit du magasin, et l’une coûte cent fois le prix de l’autre. Le vendeur dira que c’est une question de surface. C’est une question de litres par jour, et quand on pose les deux appareils dans cette unité-là, la comparaison cesse d’être serrée.
Elle cesse aussi d’être intéressante, d’ailleurs — parce que la vraie question n’est plus « lequel des deux », mais « est-ce qu’il m’en faut un ».
Deux objets, la même promesse, et un rapport de un à cent
Commençons par séparer les mécanismes, puisque c’est là que tout se décide.
L’absorbeur est un bac de plastique avec des granulés de sel au-dessus et un réservoir en dessous. Le sel — du chlorure de calcium, presque toujours — attire l’eau de l’air au point de se dissoudre dedans, et la saumure tombe dans le bac. Aucun moteur, aucune prise, aucun bruit. La capacité est celle de la recharge : environ un demi-litre d’eau, sur une durée qui tourne autour de deux mois dans un volume fermé. Rien ne pousse l’air vers les granulés : ils travaillent sur l’air qui les touche, et sur lui seul.
Le déshumidificateur à compresseur est une machine frigorifique repliée sur elle-même. Un ventilateur aspire l’air de la pièce, le fait passer sur un échangeur froid où la vapeur condense, récupère les gouttes dans un bac, puis réchauffe l’air sur l’échangeur chaud avant de le relâcher. C’est le même cycle qu’un réfrigérateur, et la plaque annonce une extraction en litres par 24 heures.
Le déshumidificateur à absorption — dit aussi dessiccant — remplace l’échangeur froid par une roue imprégnée d’un matériau avide d’eau, qu’une résistance régénère en continu. Il n’a pas besoin de faire du froid, ce qui change tout dans une pièce non chauffée, et il consomme davantage pour une même quantité d’eau.
Trois mécanismes, deux familles d’usage. Les deux appareils électriques jouent dans la même cour ; l’absorbeur joue dans une autre, et elle est beaucoup plus petite qu’on ne croit.
Déshumidificateur ou absorbeur d’humidité : lequel assèche vraiment
Le seul moyen de les comparer honnêtement est de les ramener à la quantité d’eau que votre logement fabrique chaque jour. Ce terme-là manque toujours dans les comparatifs, et c’est pourtant lui qui donne l’échelle.
Un logement occupé met de l’eau dans son air en permanence, sans que personne remplisse quoi que ce soit : la respiration et la transpiration de ses habitants, les douches, les casseroles, le linge qui sèche sur un étendoir. Les guides publics sur l’humidité des logements, dont ceux que l’ADEME met en accès libre sur ademe.fr, retiennent des ordres de grandeur d’environ un litre par personne et par jour, deux dixièmes de litre par douche, quatre dixièmes par repas cuisiné, et deux litres pour une machine de cinq kilos étendue à l’intérieur. Un foyer ordinaire arrive ainsi entre deux et cinq litres par jour.
Calculateur
L'eau que votre logement fabrique chaque jour
C'est le seul chiffre qui rende comparables une plaque de déshumidificateur et une recharge d'absorbeur. Quatre réponses suffisent.
Eau mise dans l'air
3,6 l par jour
Repris par un absorbeur
0,2 %
Les habitants comptent pour 2,4 l, les douches pour 0,4 l, la cuisine pour 0,8 l et le linge étendu dedans pour 0,0 l. Un déshumidificateur dont la plaque annonce 10 litres par 24 heures en reprendrait 92 à 100 % dans une pièce de vie, selon la température et l'humidité du moment.
Votre problème n'est pas la production, c'est l'évacuation
Cette quantité d'eau est celle d'un logement ordinaire, et un logement ordinaire s'en débarrasse tout seul tant que l'air se renouvelle. Si l'humidité reste haute malgré une production modeste, le défaut est en aval : une ventilation bouchée, une pièce jamais ouverte, une paroi assez froide pour condenser avant que l'air n'ait le temps de sortir. Un appareil masquerait ce défaut sans le corriger, et il le masquerait à l'électricité.
D'où viennent ces chiffres
Quatre ordres de grandeur, couramment retenus dans les guides publics sur l'humidité des logements et cités comme tels dans l'article : 1,2 litre par personne et par jour pour la respiration et la transpiration, 0,2 litre par douche, 0,4 litre par repas cuisiné, et 2 litres par machine de cinq kilos étendue à l'intérieur. Ils ne valent pas pour un logement précis : ils donnent le bon ordre, qui suffit à trancher entre les deux familles d'appareil.
L'absorbeur est compté sur sa propre promesse : une recharge rend environ un demi-litre d'eau et tient autour de deux mois dans un volume fermé, soit 0,008 litre par jour. Le rapport affiché n'est donc pas un procès du produit, c'est sa fiche technique divisée par la vôtre.
La fourchette du déshumidificateur vient de l'écart entre la condition d'essai de sa plaque, chaude et humide, et une pièce de vie à vingt degrés : moins d'eau dans l'air et un échangeur moins froid font tomber l'extraction. Ce bloc ne dit pas quel taux d'humidité vous atteindrez : cela dépend du volume, du renouvellement d'air et des parois. Une eau qui entre par le bâti, elle, n'est pas dans ce calcul du tout.
Ces litres-là sont le dénominateur de toute la page. Regardez ce que chaque famille en reprend.
L’absorbeur rend un demi-litre sur deux mois, soit moins d’un centième de litre par jour. Face à trois ou quatre litres quotidiens, il en capte quelques millièmes. Le bac se remplit quand même — c’est ce qui entretient la conviction qu’il travaille — mais ce qu’il enlève est remis dans l’air par une seule douche prise le matin.
Le déshumidificateur à compresseur annonce dix ou douze litres par 24 heures sur sa boîte, et ce chiffre est mesuré dans une condition d’essai chaude et humide, inscrite sur la plaque de l’appareil. Dans une pièce de vie à vingt degrés, il y a moins d’eau à prendre dans l’air et l’échangeur est moins efficace : l’extraction réelle tombe à grosso modo un tiers à la moitié, soit trois à cinq litres. Cette fois, l’ordre de grandeur est le bon.
Schéma interactif
Les quatre sorties d'un litre d'eau
Cliquez un point numéroté du dessin, ou choisissez une sortie sous le schéma : la voie allumée est celle qui emporte l'eau, et la fiche dit combien elle en emporte.
← Glissez pour voir tout le schéma →
voie qui emporte l'eau hors de la pièce voie qui la dépose sans l'évacuer les quatre points sont cliquables et accessibles au clavier
Elle sort avec l'air — cette voie reprend plusieurs litres par jour
La ventilation : plusieurs litres par jour, sans électricité dédiée
C'est la sortie par défaut d'un logement sain, et de loin la plus capable : l'air chargé part, de l'air plus sec entre, et l'opération se répète toute la journée sans que personne s'en occupe. En hiver l'air du dehors transporte beaucoup moins d'eau que celui de la pièce, même quand son hygromètre affiche 90 % — c'est pour cela qu'ouvrir assèche. Cette voie se vérifie avant d'acheter quoi que ce soit : une bouche d'extraction encrassée, une entrée d'air bouchée ou une porte de salle de bains laissée ouverte suffisent à la fermer.
Elle condense dans un appareil — cette voie reprend 3 à 5 l / jour
Le déshumidificateur : 3 à 5 litres par jour dans une pièce de vie
L'appareil fait condenser l'eau sur un échangeur froid, la verse dans un bac et renvoie dans la pièce un air plus sec et plus chaud qu'il ne l'a pris. Une plaque qui annonce dix litres par 24 heures en rend trois à cinq dans une pièce à vingt degrés, ce qui reste du même ordre que la production d'un logement entier : c'est la seule voie achetable qui joue dans cette unité. Elle se justifie quand la ventilation ne peut pas faire le travail — une pièce fermée, du linge qui sèche dedans, une cave ou un sous-sol qu'on ne peut pas ouvrir sans faire entrer plus humide.
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Elle est captée par des granulés — cette voie reprend 0,5 l en deux mois environ
L'absorbeur : un demi-litre par recharge, et seulement dans un volume fermé
Le sel se charge d'eau et la laisse couler dans le bac : ni moteur, ni prise, ni bruit, et une capacité qui se compte en demi-litre par recharge sur deux mois environ. Rapporté à la journée d'un logement, c'est quelques millièmes de la production — autant dire rien. Dans un volume FERMÉ et petit, en revanche, le rapport s'inverse : un placard, un dressing, un coffre de bateau, une caravane remisée, une cave à vin qui sent le renfermé ne produisent presque pas d'eau, et là ce demi-litre suffit à faire baisser l'humidité pour de bon.
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Elle se dépose sur la paroi froide — cette voie reprend 0 l retiré
La paroi froide : zéro litre retiré, et c'est là que les dégâts commencent
Ce n'est pas une sortie, c'est une impasse : l'eau quitte l'air mais reste dans la pièce, en gouttes sur le vitrage et en humidité de surface dans l'angle que rien ne chauffe. Un appareil ne corrige pas cette voie, il la rend seulement moins visible, parce que le vrai terme du problème est la température de la paroi et non la quantité d'eau. Quand la trace revient toujours au même endroit, au même moment, c'est le point froid qu'il faut traiter — et une tache qui monte du bas d'un mur, ou qui réapparaît après séchage, n'est plus une affaire de confort : elle se fait diagnostiquer sur place.
Les quatre voies ne se comparent qu'en litres par jour, et c'est tout l'intérêt de les mettre côte à côte : deux d'entre elles tiennent la production d'un logement, une troisième ne tient que celle d'un placard, et la quatrième n'évacue rien du tout. L'ordre des gestes se lit alors de lui-même, de la gauche du dessin vers la droite.
Le schéma dit aussi autre chose, et c’est la raison pour laquelle ce n’est pas un simple comparatif à deux colonnes : deux des quatre sorties de cette eau ne sont pas des achats. La ventilation emporte plusieurs litres par jour pour rien, et la paroi froide en retire zéro tout en abîmant le logement. Un appareil se juge entre ces deux bornes, pas dans l’absolu.
Le volume fermé, seul terrain où l’absorbeur gagne
Rien de ce qui précède ne condamne l’absorbeur. Il faut simplement le sortir de la pièce de vie, où il n’a aucune chance, et le mettre là où il est imbattable.
Un placard, un dressing, un meuble de salle de bains, un coffre de bateau, une caravane remisée pour l’hiver, un étui d’instrument, une cave à vin qui sent le renfermé : ces volumes ont deux propriétés que n’a aucune pièce habitée. Ils sont clos, donc l’air qui s’y trouve n’est pas remplacé en permanence par de l’air neuf chargé d’eau. Et ils ne produisent rien : personne n’y respire, on n’y fait pas cuire de pâtes. La production quotidienne y est presque nulle, et un demi-litre de capacité devient une vraie réserve.
S’y ajoute un avantage qu’aucun appareil électrique n’aura jamais : il fonctionne sans courant, sans bruit et sans surveillance, dans un endroit où personne ne tirerait une rallonge. C’est tout le sujet du remisage — une caravane fermée six mois n’a pas de prise, et c’est précisément là que le produit est pertinent.
Le bon choix si un placard, un dressing, une caravane remisée ou une cave à vin : un volume fermé, petit, qui ne produit pas d'eau lui-même
Absorbeur d'humidité à recharge, avec bac de récupération
4,2 / 5 — appréciation de la rédaction
- Aucune prise, aucun bruit, aucune surveillance : il travaille là où rien d'électrique ne peut aller
- Dans un volume clos de quelques centaines de litres, un demi-litre de capacité est une vraie réserve
- Le niveau du bac se voit d'un coup d'œil, ce qui rend le remplacement de recharge évident
La réserve — Il n'a aucun effet mesurable dans une pièce habitée et ventilée : sa capacité quotidienne y représente quelques millièmes de l'eau produite, et le bac qui se remplit ne prouve que le passage de l'air, pas une baisse d'humidité. La saumure de chlorure de calcium est corrosive pour les métaux et abîme un parquet : le bac se pose sur une surface qui ne craint rien, hors de portée des enfants et des animaux.
8 à 20 € l'appareil, 4 à 10 € la recharge, à titre indicatif
Fourchette indicative — le prix du jour est sur Amazon
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Avant d’acheter : l’air du dehors est souvent plus sec que le vôtre
Il reste un geste à essayer avant de dépenser, et il contredit l’intuition de tout le monde, moi compris avant d’avoir fait le calcul.
Le pourcentage que renvoie un hygromètre est une humidité relative : il dit à quelle distance l’air se trouve de sa saturation, pas combien d’eau il transporte. Or cette saturation dépend presque uniquement de la température, et elle s’écroule quand il fait froid. D’où le contresens classique de novembre : « quatre-vingt-dix pour cent dehors, surtout ne pas ouvrir ». En hiver, l’air du dehors contient beaucoup moins d’eau que celui du salon, et ouvrir assèche.
Comparateur
L'air du dehors est-il plus sec que le vôtre ?
Les deux pourcentages ne se comparent pas directement. Convertis en grammes d'eau par kilo d'air, ils disent si ouvrir assèche ou mouille.
Eau dans l'air du dehors
4,9 g/kg
Eau dans l'air de la pièce
9,5 g/kg
Cet air, réchauffé à 20 °C
34 % d'humidité
Ouvrir assèche, et c'est gratuit
L'air du dehors transporte moins d'eau que le vôtre : une fois entré et réchauffé, il descend bien en dessous de l'humidité relative de la pièce. Quelques minutes de fenêtres grandes ouvertes, en travers si possible, renouvellent le volume d'air sans refroidir les murs — et ce sont les murs qui tiennent la température, pas l'air. Aucun appareil ne fait ce travail-là pour moins cher, et aucun ne le fait sans électricité.
D'où viennent ces chiffres
De la thermodynamique de l'air humide, et de rien d'autre. La quantité d'eau que l'air peut porter avant de saturer dépend presque uniquement de sa température, et elle grimpe très vite avec elle. Un pourcentage d'hygromètre est un rapport à cette limite mobile : 90 % d'humidité à cinq degrés, c'est beaucoup moins d'eau que 60 % à vingt degrés.
Le troisième nombre est le seul qui tranche. L'air qui entre garde son eau et prend la température de la pièce : sa pression de vapeur ne change pas, mais sa saturation monte, donc son pourcentage tombe. C'est pour cela qu'aérer en hiver assèche, alors que l'hygromètre du dehors affiche un chiffre effrayant.
Le calcul porte sur l'air, pas sur le logement. Il ne dit pas combien de temps il faut ouvrir, ni ce que la pièce reprendra ensuite aux murs et au mobilier, qui relâchent une partie de ce qu'ils ont absorbé. Et il ne s'applique pas à une eau qui entre par le bâti : une infiltration ou une remontée capillaire se moquent de l'air du dehors.
Le chiffre qui tranche est le troisième. L’air qui entre garde son eau et prend la température de la pièce : sa pression de vapeur ne bouge pas, sa saturation monte, donc son pourcentage tombe. De l’air d’hiver à cinq ou six degrés arrive autour du tiers d’humidité relative dans une pièce à vingt degrés, et il repart chargé. C’est une machine à sécher gratuite, qui tourne tant qu’on la laisse tourner.
Deux conséquences pratiques, dans l’ordre. La première est qu’une ventilation qui fonctionne vaut mieux qu’un appareil : bouche d’extraction dégagée et dépoussiérée, entrées d’air en haut des fenêtres laissées libres, porte de salle de bains fermée pendant la douche et extraction maintenue après. Le guide trouver les déperditions de chaleur insiste sur la distinction, et elle est au cœur du sujet : on bouche les trous non voulus, on laisse scrupuleusement ouverts ceux qui le sont. Un calfeutrage trop zélé déplace le problème sans le résoudre, et les quatre familles de joints se choisissent en connaissant cette limite — joints de calfeutrage de fenêtre : comparatif.
La seconde est que ce raisonnement s’inverse en été. Par une journée lourde, l’air extérieur transporte plus d’eau que celui d’une cave fraîche, et ouvrir mouille. C’est aussi pour cela qu’un rafraîchisseur d’air évaporatif, qui assèche l’air de sa chaleur en y ajoutant de l’eau, est exactement le contraire d’un déshumidificateur — le détail de ce malentendu est dans rafraîchisseur d’air : avis, arnaque ou pas.
Reste à savoir où vous en êtes vraiment. Un relevé ponctuel ne vaut rien sur ce sujet : l’humidité d’une pièce varie de vingt points entre le milieu de la nuit et le milieu de l’après-midi, et c’est l’horaire du maximum qui désigne la cause. Des sondes qui enregistrent pièce par pièce répondent à cette question, et le choix du matériel est traité dans thermomètre hygromètre connecté multi-pièces.
Compresseur ou absorption : le froid change l’appareil
Si la ventilation ne suffit pas — pièce sans ouvrant, cave, buanderie, linge qui sèche dedans toute l’année — l’appareil devient légitime. Le choix se fait alors sur la température du lieu, et pas du tout sur sa surface.
Un compresseur a besoin de faire du froid, et il fabrique ce froid d’autant plus difficilement que la pièce est déjà fraîche. En dessous d’une quinzaine de degrés, son échangeur approche du point de givre, la machine passe son temps à dégivrer et l’extraction s’effondre. Dans un salon, une buanderie chauffée ou une chambre, c’est la bonne technologie : la plus sobre par litre d’eau retiré.
Une roue dessiccante se moque de la température, puisqu’elle ne condense rien : elle piège l’eau sur un matériau avide, qu’une résistance régénère. Dans un garage à huit degrés, une cave ou un sous-sol non chauffé, elle est la seule des deux qui travaille encore. Elle consomme plus par litre, et elle renvoie un air sensiblement plus chaud — ce qui, dans une cave, n’est pas toujours un défaut.
Le bon choix si une pièce chauffée qu'on ne peut pas ventiler assez : buanderie, chambre où sèche le linge, logement en rez-de-jardin
Déshumidificateur électrique à compresseur
4,3 / 5 — appréciation de la rédaction
- C'est la seule famille achetable qui joue dans la même unité que la production d'un logement
- La plus sobre par litre d'eau retiré, dès que la pièce est au-dessus d'une quinzaine de degrés
- Un hygrostat intégré lui évite de tourner pour rien : c'est le réglage qui décide de la facture
La réserve — Il ne corrige aucune cause. Devant une infiltration, une remontée capillaire ou une paroi trop froide, il fait baisser le chiffre de l'hygromètre sans rien changer au défaut, et il le fait à l'électricité, tous les jours. Son extraction réelle dans une pièce à vingt degrés vaut un tiers à la moitié de la plaque : la classe se choisit sur cette valeur-là, jamais sur celle de la boîte.
150 à 350 € selon la classe d'extraction, à titre indicatif
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Le bon choix si une cave, un garage, un sous-sol ou une pièce d'appoint qui reste sous quinze degrés une bonne partie de l'année
Déshumidificateur à absorption pour pièce non chauffée
4 / 5 — appréciation de la rédaction
- Il continue d'extraire là où un compresseur givre et s'arrête, c'est-à-dire sous quinze degrés
- Rien à dégivrer, donc pas de cycles d'arrêt qui mangent la moitié du temps de marche
- Plus léger et souvent plus silencieux, ce qui compte dans une pièce où l'on descend rarement
La réserve — Il consomme nettement plus par litre d'eau retiré qu'un compresseur, parce qu'il faut chauffer pour régénérer son matériau. Dans une pièce de vie tempérée, c'est le mauvais choix : on paie une technologie faite pour le froid. Et comme il renvoie un air réchauffé, il déplace la question du confort dans une pièce où l'on séjourne.
200 à 400 € à titre indicatif, selon l'extraction annoncée
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Dans les deux cas, le réglage compte autant que l’appareil. Un hygrostat laissé à cinquante pour cent dans une pièce qui ne descendra jamais sous soixante fait tourner la machine en continu. Une consigne autour de cinquante-cinq, avec l’appareil posé au milieu de la pièce plutôt que contre un mur, suffit généralement — et le bac à vider devient la mesure la plus fiable de ce qui se passe réellement.
Ce que l’eau sur la vitre dit du mur, pas de l’air
Il y a une famille de situations où les deux appareils sont hors sujet, et elle représente une bonne part des achats.
L’eau se dépose sur la surface la plus froide de la pièce dès que cette surface descend sous le point de rosée de l’air ambiant. C’est de la physique, pas un symptôme : à vingt degrés et soixante pour cent d’humidité, le point de rosée se situe autour de douze degrés, et n’importe quel simple vitrage descend plus bas que cela toutes les nuits d’hiver. La buée du matin ne prouve donc pas un excès d’eau dans l’air. Elle prouve qu’une paroi est froide.
Retirer de l’eau de l’air abaisse le point de rosée et fait effectivement disparaître la buée. C’est une manière de traiter un défaut de paroi par le traitement de l’air, à l’électricité, en continu, pour toujours. Réchauffer la paroi coûte moins cher et règle la cause : la lame d’air d’un survitrage provisoire remonte la température de surface d’un vitrage de plusieurs degrés, et ses limites sont détaillées dans film de survitrage sur simple vitrage : avis.
Deux signaux doivent faire sortir du sujet de cette page. Une trace qui monte depuis le bas d’un mur, avec un décollement de peinture ou un salpêtre, n’est pas de la condensation : c’est de l’eau qui vient du bâti, et aucun appareil n’en viendra à bout. Une tache qui réapparaît toujours au même endroit après séchage dit la même chose. L’ANSES a publié des travaux sur les moisissures dans les logements et sur ce qu’elles impliquent, consultables sur anses.fr ; la marche à suivre quand un logement est durablement humide, y compris en location, est décrite sur service-public.fr. Dans ces deux cas, le bon achat n’est pas un déshumidificateur, c’est un diagnostic sur place.
Ce que ça consomme, et la chaleur que ça rend
Dernier point, et c’est celui qui intéresse un site bâti sur deux saisons : un déshumidificateur est aussi un petit chauffage, et cela se calcule.
Les plaques des appareils domestiques de la classe dix à douze litres par 24 heures annoncent une puissance de deux à trois cents watts. Sur une journée de marche continue, cela fait quelques kilowattheures — la valeur chez vous dépend surtout du temps de marche réel, que l’hygrostat décide, et elle se mesure plutôt qu’elle ne s’estime : la méthode et les angles morts de l’instrument sont dans prise connectée pour mesurer la consommation : avis.
À cette électricité s’ajoute une chaleur qu’on oublie toujours. Faire passer l’eau de l’état de vapeur à l’état liquide libère de l’énergie, de l’ordre de six dixièmes de kilowattheure par litre condensé. Un appareil qui sort quatre litres dans la journée relâche donc dans la pièce ses propres kilowattheures électriques plus environ deux kilowattheures et demi de chaleur latente. Tout reste dans la pièce : la machine ne chasse rien dehors, elle déplace l’eau de l’air vers un bac.
En hiver, dans une pièce chauffée, cette chaleur n’est pas perdue — elle remplace une part du chauffage, et la facture ne double pas. En été, elle s’ajoute à ce qu’on cherchait justement à faire baisser, ce qui explique l’impression pénible d’un déshumidificateur qui tourne en août dans une pièce déjà étouffante. L’ADEME publie sur ademe.fr des repères gratuits pour comparer les usages électriques d’un logement, et ils remettent ce poste à sa place : modeste s’il est réglé, important s’il tourne en continu toute l’année.
Où s’arrête ce que je peux dire
J’écris ces pages depuis une maison ancienne que j’occupe et des logements que je loue. Je ne suis ni thermicien, ni diagnostiqueur, ni médecin, et trois limites doivent être posées franchement.
La cause d’une humidité persistante ne se détermine pas à distance. Condensation, infiltration, remontée capillaire et fuite de réseau donnent des traces qui se ressemblent beaucoup sur une photo et appellent des travaux sans rapport les uns avec les autres. Quand le défaut revient après séchage, il faut quelqu’un sur place.
Les conséquences sanitaires des moisissures ne relèvent pas de ce site. Les travaux de l’ANSES existent, ils sont publics, et une gêne respiratoire liée à un logement humide est une question pour un médecin, pas pour un comparatif d’appareils.
Enfin, le taux d’humidité que vous atteindrez ne se promet pas. Il dépend du volume, du renouvellement d’air, de la température des parois et de ce que les murs et le mobilier relâchent après avoir absorbé. Les chiffres de cette page sont des ordres de grandeur, donnés pour trancher un achat — et sur ce point-là, ils suffisent : un absorbeur dans un placard, un compresseur dans une pièce tempérée qu’on ne peut pas ventiler, une roue dessiccante dans une cave froide, et une fenêtre ouverte dix minutes partout ailleurs.
En bref
- Déshumidificateur ou absorbeur d'humidité : lequel assèche le plus ?
- Le déshumidificateur électrique, et l'écart n'a rien d'un détail : il se compte en facteur plusieurs centaines. Un absorbeur rend environ un demi-litre d'eau par recharge, sur deux mois de pose, soit quelques millièmes de litre par jour. Un déshumidificateur dont la plaque annonce dix litres par 24 heures en extrait trois à cinq dans une pièce de vie à vingt degrés. Rapportés aux deux à cinq litres qu'un logement occupé met dans son air chaque jour, le premier ne pèse rien et le second joue dans la bonne unité. L'absorbeur n'est pourtant pas un mauvais produit : il est fait pour un volume fermé et petit, où la production d'eau est elle aussi minuscule.
- Un absorbeur d'humidité sert-il à quelque chose dans une pièce habitée ?
- Presque à rien, et ce n'est pas un défaut de fabrication. Les granulés de sel captent l'eau de l'air qui les touche, sans ventilateur pour amener cet air jusqu'à eux : leur portée est celle d'un volume clos de quelques centaines de litres, un placard ou un coffre. Dans un salon ventilé, l'air se renouvelle plusieurs fois par heure et apporte en permanence plus d'eau que le bac n'en retire. Le bac se remplit quand même, ce qui donne l'impression qu'il travaille, mais le taux d'humidité de la pièce n'en est pas modifié de façon mesurable.
- Pourquoi un déshumidificateur n'atteint-il jamais les litres annoncés sur la boîte ?
- Parce que le chiffre de la boîte est mesuré dans une condition d'essai chaude et humide, indiquée sur la plaque de l'appareil, et que votre pièce n'y ressemble pas. L'extraction dépend de deux choses : la quantité d'eau réellement présente dans l'air et la température de l'échangeur sur lequel elle condense. À vingt degrés et soixante pour cent d'humidité, il y a bien moins d'eau à prendre qu'à trente degrés et quatre-vingts pour cent, et la machine en sort de l'ordre d'un tiers à la moitié de sa plaque. Ce n'est pas de la publicité mensongère, c'est une norme d'essai lue comme une promesse d'usage.
- Faut-il aérer ou faire tourner un déshumidificateur en hiver ?
- Aérer d'abord, parce que c'est gratuit et que l'air d'hiver est presque toujours plus sec que celui du logement, malgré ce qu'affiche un hygromètre posé dehors. Un pourcentage d'humidité est un rapport à la saturation, et cette saturation s'effondre quand il fait froid : de l'air à cinq degrés et quatre-vingt-dix pour cent transporte à peu près deux fois moins d'eau que de l'air de salon à vingt degrés et soixante pour cent. Une fois entré et réchauffé, il tombe autour du tiers d'humidité relative. L'appareil se justifie quand ce renouvellement est impossible ou insuffisant : pièce fermée, cave, linge qui sèche dedans.
- Un déshumidificateur consomme-t-il beaucoup, et réchauffe-t-il la pièce ?
- Les plaques des appareils domestiques de la classe dix à douze litres par 24 heures annoncent une puissance de deux à trois cents watts, ce qui donne quelques kilowattheures sur une journée de fonctionnement continu. Et oui, il réchauffe : toute l'électricité consommée finit en chaleur dans la pièce, à quoi s'ajoute la chaleur libérée par la vapeur en se condensant, de l'ordre de six dixièmes de kilowattheure par litre d'eau récolté. En hiver, dans une pièce chauffée, cette chaleur remplace une part du chauffage. En été, elle s'ajoute à ce qu'on cherchait à faire baisser.
- De la buée sur les vitres veut-elle dire qu'il faut un déshumidificateur ?
- Elle dit d'abord que la vitre est froide, et seulement ensuite que l'air est humide. L'eau se dépose sur la surface la plus froide de la pièce dès que celle-ci descend sous le point de rosée de l'air ambiant, et un simple vitrage y descend tous les matins d'hiver sans qu'aucun excès d'humidité soit en cause. Retirer de l'eau de l'air repousse ce seuil et fait disparaître la buée, mais c'est traiter l'air pour un défaut de paroi. Si la trace revient au même endroit, au même moment, la question à poser porte sur la température de cette paroi, pas sur l'achat d'un appareil.
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Qui écrit
Baptiste S.
Propriétaire bailleur, fondateur du site
Je vis dans ma maison et je gère plusieurs logements en location — une maison ancienne, des appartements plus récents. Trois bâtis, trois façons de mal supporter la canicule et l'hiver, et une quinzaine d'années à voir ce qui tient et ce qui ne tient pas. Je ne suis ni thermicien ni installateur : je mesure, je compare les devis que je reçois, et j'écris ce que j'ai vérifié.
Ce site n'est pas un bureau d'études thermiques. Pour un dimensionnement de pompe à chaleur, un calcul de déperditions réglementaire ou un DPE, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe la limite.