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L'hiver · regulation

Prise connectée : mesurer la consommation, notre avis

Prise connectée pour mesurer la consommation, notre avis : le chiffre utile n'est jamais le watt affiché mais le cumul. Ce qu'elle voit, et ce qu'elle rate.

Baptiste S. — propriétaire bailleur, fondateur du site 9 septembre 2026 mis à jour le 25 septembre 2026 11 min

Un thermostat allumé dans un couloir sombre, en hiver Vue d'un couloir de logement à la tombée du jour, en hiver. Un boîtier de thermostat fixé au mur, à hauteur d'épaule, est la seule source de lumière : son écran allumé éclaire vivement la peinture autour de lui et laisse le reste du couloir dans la pénombre. On distingue sur le mur la trace plus claire laissée par un appareil précédent, plus grand. En dessous, un radiateur reçoit un peu de cette lueur sur ses ailettes hautes. Au fond, une porte entrouverte laisse passer un mince trait de clarté venu d'une autre pièce. À droite, une console basse porte un trousseau de clés. Au premier plan, le montant d'une porte coupé par le bord du cadre.
Une prise de mesure intercalée entre une prise murale et le cordon d'un appareil, son afficheur montrant une puissance en watts dans un séjour en soirée

Une facture d’électricité qui monte pose toujours la même question, et personne ne sait y répondre de tête : lequel de tous ces appareils la fait monter. Une prise connectée qui mesure la consommation promet de trancher, et notre avis tient d’abord dans une mise en garde utile avant de dépenser quoi que ce soit. L’outil fonctionne, il coûte peu, et il ne voit qu’une partie du logement — celle qui se branche. Tout ce qui est raccordé en fixe au tableau électrique lui échappe, et c’est là que se trouvent les plus gros postes.

Pour le reste, il fait exactement ce qu’on attend de lui, à condition de savoir quel chiffre lire. Ce n’est pas celui qui s’affiche en gros.

Ce que l’appareil lit, et ce qu’il compte

Une prise de mesure s’intercale entre la prise murale et le cordon de l’appareil. À l’intérieur, un circuit mesure la tension et l’intensité qui la traversent, en déduit une puissance en watts, et l’accumule dans le temps pour donner des kilowattheures. C’est toute la mécanique, et elle est ancienne.

De cette mécanique sortent deux nombres qu’on confond volontiers, alors qu’ils ne servent pas au même usage.

Le premier est la puissance instantanée, en watts. C’est celui qui s’affiche en grand, celui qu’on regarde en premier, et c’est le moins utile des deux. Il photographie l’appareil à l’instant où l’on regarde. Sur un four, un fer ou une bouilloire, qui tirent leur puissance nominale du début à la fin, cette photographie suffit. Sur tout le reste, elle ne dit rien : un réfrigérateur alterne des phases de compresseur et de longs silences, et deux relevés à dix minutes d’écart donnent des valeurs sans rapport l’une avec l’autre.

Le second est le cumul, en kilowattheures comptés depuis la dernière remise à zéro. Celui-là intègre les creux, les pics et les arrêts. C’est le seul qui se compare d’un appareil à l’autre, le seul qui se multiplie par un prix pour donner des euros, et c’est la raison d’être de l’objet. Un afficheur de puissance très précis qui ne cumulerait pas serait à peu près inutile.

Sur les petites charges, la précision se dégrade

Un point technique que les fiches produit mentionnent rarement, et qui compte pour qui veut chasser les veilles. Ces appareils sont conçus pour une gamme de mesure large, de quelques watts à plusieurs milliers. À l’extrémité basse de cette gamme, l’erreur relative augmente : un modèle honnête sur une plaque de deux mille watts peut se tromper de plusieurs dizaines de pour cent sur une box internet de huit watts, voire afficher zéro sous un certain seuil de démarrage.

La parade est simple et gratuite. Pour mesurer des veilles, on ne mesure pas un appareil seul : on branche la mesure sur la multiprise entière du meuble. La somme des consommations sort de la zone où l’instrument est fragile, et c’est de toute façon cette somme qui apparaît sur la facture.

Deuxième subtilité, pour les curieux : certains appareils affichent aussi des volt-ampères, qui ne sont pas des watts. L’écart entre les deux vient du déphasage introduit par les alimentations à découpage, très répandues en électronique. Le distributeur facture les watts au particulier, donc c’est la valeur en watts qu’il faut lire, et rien d’autre.

Prise connectée, mesure de consommation : notre avis en trois points

Le premier point est le plus important, et il concerne l’achat lui-même. Cet outil se loue plus qu’il ne s’installe. L’usage qui le rentabilise est une campagne de quelques semaines : on mesure un appareil, on note, on passe au suivant, on classe. Une fois la carte du logement dressée, la prise ne sert plus à grand-chose, sauf sur un ou deux postes qu’on veut suivre dans la durée. Acheter huit prises pour équiper tout le logement à demeure est le plus mauvais usage possible du même budget.

Le deuxième point tient à ce que la mesure change vraiment. Elle ne fait pas baisser la facture : elle désigne. Ce qui fait baisser la facture est la décision qui suit, et cette décision se résume presque toujours à trois gestes — couper ce qui ne sert pas, raccourcir ce qui dure trop, remplacer ce qui est devenu indéfendable. Sans ces gestes, la mesure est un loisir.

Le troisième point est le plus contre-intuitif. Le coupable désigné n’est presque jamais celui qu’on soupçonnait, parce que l’intuition retient la puissance et que la facture retient la durée. Deux mille watts pendant une heure par semaine coûtent moins que trente watts qui ne s’arrêtent jamais. C’est le même raisonnement, exactement, que celui qui vaut pour les appareils de chauffe et qui est développé dans radiateur inertie ou soufflant : la consommation.

Reste à savoir si votre suspect est mesurable, et combien de temps il faut le surveiller pour que le nombre ait un sens.

Aiguillage

Est-ce que ça se mesure à la prise ?

Deux questions avant de commander : l'appareil que vous soupçonnez est-il seulement branché sur une prise, et combien de temps faut-il laisser la mesure en place pour que le chiffre veuille dire quelque chose.

Se mesure à la prise

Durée de mesure à prévoir

48 heures d'affilée, minimum

Ce que cet appareil impose

C'est le cas d'école, et celui où la mesure apprend le plus. Un froid ménager ne consomme pas en continu : son compresseur démarre, tourne quelques minutes, s'arrête, et recommence selon la température de la pièce et le nombre d'ouvertures de porte. Relever la puissance instantanée ne dit donc strictement rien — on tombe sur un creux ou sur un pic. Seul le compteur cumulé, laissé en place deux jours pleins, donne une moyenne exploitable, et il faut y inclure au moins un cycle de dégivrage, qui est un gros consommateur invisible. Un appareil ancien installé dans un garage chaud l'été peut doubler la consommation du même modèle en cuisine.

Ce qu'il faudra lire dans le relevé

Alors ne mesurez pas un appareil : mesurez-les l'un après l'autre, et notez. Une facture d'électricité est une addition, et l'intuition se trompe presque toujours de coupable, parce qu'elle retient ce qui est puissant plutôt que ce qui est long. Un appareil de deux mille watts allumé une heure par semaine pèse moins qu'un appareil de trente watts qui ne s'arrête jamais. Comptez donc en kilowattheures cumulés sur une durée réelle, jamais en watts affichés, et rangez vos relevés du plus gros au plus petit avant de décider quoi que ce soit.

Pourquoi une mesure d'une heure ne vaut rien

La plupart des appareils fonctionnent par intermittence. Un compresseur, une résistance de chauffe, un moteur de sèche-linge : aucun ne tourne en continu. La puissance affichée à l'écran est donc une photographie prise au hasard dans un cycle, et deux relevés à dix minutes d'écart peuvent varier du simple au vingtuple sans que rien n'ait changé.

Le seul chiffre qui se compare est le cumul. Les kilowattheures comptés depuis la remise à zéro intègrent les creux, les pics et les arrêts. C'est la raison pour laquelle un compteur cumulé remis à zéro à une date connue vaut mieux qu'un afficheur de puissance, même très précis : il compte pendant que vous ne regardez pas.

Ce bloc oriente le choix de l'outil et la durée du relevé. Il ne remplace ni la notice de l'appareil mesuré, ni l'avis d'un électricien sur tout ce qui est raccordé en fixe, au tableau, sans prise.

Les gros postes qu’aucune prise n’atteindra

Voilà le sujet que les pages de vente évitent, et c’est celui qui décide de la déception. Dans un logement, les postes les plus lourds sont raccordés en fixe : un câble part du tableau électrique et arrive directement à l’appareil, sans fiche ni prise au bout. Le chauffe-eau, les plaques de cuisson, le four encastré, la VMC et les radiateurs électriques muraux sont dans ce cas.

Ce ne sont pas des détails. L’eau chaude sanitaire et le chauffage forment l’essentiel de la consommation d’électricité d’un logement qui se chauffe ainsi, loin devant l’électroménager et l’électronique réunis — les répartitions publiées par l’ADEME dans ses guides pratiques gratuits, disponibles sur ademe.fr, donnent les ordres de grandeur. Acheter une prise de mesure en espérant y voir clair sur ces postes-là, c’est acheter le mauvais outil.

La bonne porte d’entrée est ailleurs, et elle est gratuite. Le compteur communicant enregistre la consommation du logement heure par heure, et ces données sont accessibles à l’usager depuis son espace client de gestionnaire de réseau, sur enedis.fr pour la très grande majorité des foyers ; les droits d’accès et les démarches associées au compteur sont décrits sur service-public.fr. Un chauffe-eau qui démarre en heures creuses y dessine un palier reconnaissable au milieu de la nuit, quand plus rien d’autre ne tourne. On lit sa puissance et sa durée sur la courbe, sans rien acheter.

Pour isoler un départ précis dans le tableau, il faut une pince ampèremétrique posée sur le bon conducteur, donc l’intervention d’un électricien. Ce n’est plus un accessoire grand public, et cela sort du cadre de cette page.

Le relevé est là : qu’est-ce qu’on en fait

C’est l’étape que tout le monde saute, et c’est la seule qui rapporte. Vous avez deux nombres devant vous : ce que l’appareil tire quand il travaille, et ce qu’il continue de tirer quand il ne travaille pas. Il faut les convertir en dépense annuelle pour savoir lequel des deux mérite qu’on s’en occupe.

Calculateur

Ce que votre relevé veut dire

La prise vous rend deux nombres : ce que l'appareil tire quand il travaille, et ce qu'il continue de tirer quand il ne travaille pas. Reportez-les ici, avec le nombre d'heures d'usage réel.

La marche, sur un an

26 €

L'arrêt, sur un an

27 €

Part de l'arrêt

51 %

À gauche ce que coûte l'usage, à droite ce que coûte l'attente.

L'appareil coûte 53 € par an au total, dont 27 € pendant qu'il ne sert à rien. C'est l'ordre de grandeur qui justifie une multiprise à interrupteur ou un programmateur : la dépense évitable est réelle, et elle se supprime sans rien changer à l'usage.

Total sur l'année : 211,3 kWh. Le prix du kilowattheure pré-rempli n'est qu'un point de départ : le vôtre est écrit sur votre facture, et il change selon l'heure si votre contrat distingue les heures pleines des heures creuses.

D'où viennent ces chiffres, et ce qu'ils supposent

Le calcul tient en une ligne. Les watts divisés par mille donnent des kilowatts, multipliés par des heures ils donnent des kilowattheures, multipliés par le prix du kilowattheure ils donnent des euros. Les heures d'arrêt sont le complément des heures d'usage sur les 8 760 heures d'une année. Aucun coefficient caché, aucun rendement.

Le résultat suppose une année identique à votre semaine. Un appareil saisonnier — un climatiseur, un appoint — ne fonctionne pas trois heures par jour toute l'année, et son chiffre de marche est donc surestimé ici. Sa veille, en revanche, court bien douze mois sur douze, et c'est souvent elle la surprise.

Le relevé compte plus que la formule. Une puissance lue à un instant donné sur un appareil qui cycle n'est pas sa puissance moyenne. Pour tout ce qui démarre et s'arrête tout seul, reportez la moyenne déduite d'un cumul de plusieurs jours plutôt que la valeur affichée à l'écran.

Ce bloc convertit des relevés en euros. Il ne dit pas si l'appareil est réparable, ni s'il doit être remplacé : cela demande de comparer avec la consommation annoncée d'un modèle neuf, étiquette énergie en main.

Le résultat surprend souvent dans un sens précis : la colonne de droite pèse plus lourd qu’attendu, parce qu’elle court huit mille sept cent soixante heures par an quand celle de gauche court quelques centaines. C’est arithmétique, et c’est ce qui rend une multiprise à interrupteur si efficace sur un meuble télévision.

Il arrive aussi que le verdict soit « ne faites rien », et c’est une réponse honorable. Une veille à deux euros par an ne justifie pas d’acheter un accessoire pour la supprimer, encore moins de prendre l’habitude de tout débrancher chaque soir. Mieux vaut passer au poste suivant.

Ce que la réglementation a déjà réglé pour vous

Un repère utile avant de partir en chasse. Le règlement européen d’écoconception n° 1275/2008, tel que modifié, plafonne les pertes en veille et à l’arrêt des équipements mis sur le marché : de l’ordre d’un demi-watt à l’arrêt, un watt lorsque l’appareil porte un affichage, avec des seuils plus élevés pour la veille dite « en réseau », celle qui maintient l’appareil joignable. Le texte est consultable sur eur-lex.europa.eu.

Conséquence pratique : sur du matériel récent, la chasse aux veilles rapporte beaucoup moins qu’il y a quinze ans. Les valeurs élevées que la mesure révèle encore viennent de trois sources — le matériel ancien, antérieur à ces seuils ; les appareils qui restent volontairement joignables, box et enceintes en tête ; et surtout l’accumulation, six appareils à deux watts faisant douze watts qui ne s’arrêtent jamais.

Connectée ou simple wattmètre à écran

Le capteur est le même dans les deux familles, et la mesure aussi. Ce qui change est la mémoire, et le prix.

Un wattmètre à écran affiche la puissance et le cumul sur l’appareil lui-même. Il n’a besoin ni de réseau, ni d’application, ni de compte, il ne dépend d’aucun service qui pourrait fermer, et il coûte le prix d’un repas. Son défaut est physique : il faut aller lire l’écran, souvent à genoux derrière un meuble, et le cumul repart à zéro si quelqu’un débranche la prise pour passer l’aspirateur.

Une prise connectée envoie le cumul à une application. On y gagne l’historique jour par jour, la comparaison entre appareils, la lecture à distance, et la commande de l’alimentation — ce qui permet de transformer la mesure en action sans se déplacer. On y perd l’indépendance : il faut un réseau sans fil, un compte, et l’acceptation qu’un service en ligne décide un jour de fermer.

L’arbitrage se fait sur une seule question. Pour une campagne de mesure ponctuelle sur des appareils qui se déplacent, le modèle à écran suffit largement.

Le bon choix si faire le tour de ses appareils une fois, les classer, puis ranger l'outil

Wattmètre à écran, prise intermédiaire

4,2 / 5 — appréciation de la rédaction

  • Aucun réseau, aucun compte, aucun service en ligne dont dépendre
  • Le cumul en kilowattheures est là dès la première journée de mesure
  • Se prête et se transporte d'un appareil à l'autre sans rien reconfigurer

La réserve — Le cumul se perd si la prise est débranchée, et il faut aller lire l'écran là où il se trouve, ce qui est vite pénible derrière un meuble bas. Vérifiez aussi la puissance admissible avant d'y brancher un appareil de chauffe.

12 à 25 €

Fourchette indicative — le prix du jour est sur Amazon

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Pour un poste qu’on veut suivre dans la durée, ou qu’on veut pouvoir couper à distance, la version connectée se défend — à condition de vérifier deux lignes de la fiche avant de commander : la puissance admissible, et le fonctionnement en cas de coupure d’internet.

Le bon choix si surveiller un poste dans la durée et pouvoir le couper sans se déplacer

Prise connectée avec mesure de consommation

4 / 5 — appréciation de la rédaction

  • L'historique jour par jour permet de comparer des semaines, pas seulement des instants
  • La commande à distance transforme le constat en geste, sans se déplacer
  • Une programmation horaire supprime la veille nocturne sans y penser

La réserve — Presque toutes fonctionnent en Wi-Fi 2,4 GHz uniquement, ce qui bloque l'appairage sur certaines box récentes tant qu'on n'a pas séparé les réseaux. Et si le service du fabricant ferme, l'historique part avec lui : regardez ce qui continue de fonctionner hors ligne.

12 à 30 € la prise

Fourchette indicative — le prix du jour est sur Amazon

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Pour comparer ce que proposent les deux familles avant de trancher, la liste des prises connectées avec mesure de consommation  (lien partenaire — Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.) donne un ordre de grandeur des prix du moment et des puissances admissibles annoncées.

Ce qui déçoit au bout de trois semaines

Les reproches durables ne portent pas sur la mesure. Ils portent sur quatre détails d’usage, tous connus et tous évitables.

La puissance admissible, prise au sérieux trop tard. C’est le seul point de sécurité du sujet. La valeur est inscrite sur le boîtier, en watts ou en ampères ; en dessous, on chauffe un accessoire prévu pour moins. Un appoint de deux mille watts appelle près de neuf ampères en continu, et tous les modèles ne l’encaissent pas. Le même réflexe vaut pour les rallonges et les multiprises, comme le rappelle l’inventaire des précautions rassemblé dans quel chauffage d’appoint choisir.

L’appairage en Wi-Fi 2,4 GHz. La quasi-totalité de ces prises ignore la bande 5 GHz. Sur une box qui diffuse les deux sous le même nom de réseau, l’appairage échoue sans message clair, et l’objet passe pour défectueux alors qu’il ne l’est pas. La manœuvre consiste à séparer temporairement les deux réseaux dans l’interface de la box, le temps de l’enrôlement.

L’encombrement du boîtier. Beaucoup de ces prises débordent sur l’alvéole voisine d’une prise double, et certaines ne rentrent pas derrière un meuble poussé contre le mur. Sur une multiprise, elles occupent deux emplacements. C’est anodin sur le papier et agaçant tous les jours.

La remise à zéro involontaire. Un cumul repart de zéro quand on débranche, et l’on s’en aperçoit après huit jours de mesure perdus. Notez la date de départ et la valeur relevée, sur papier ou dans le téléphone, plutôt que de compter sur la mémoire de l’objet.

Schéma interactif

Trois soirées de mesure, et ce qu'aucune prise n'atteindra

Avancez soirée par soirée : le dessin montre où poser la prise de mesure, ce qu'elle voit et ce qu'elle rate.

← Glissez pour voir tout le schéma →

compteur communicant tableau électrique allure indicative Le cumul, pas le watt affiché sur deux jours pleins, dégivrage compris La valeur basse, qui dure sur la multiprise entière, sur vingt-quatre heures La dépense d'un cycle ou d'une soirée de chauffe, du départ à l'arrêt Le compteur voit tout heure par heure, gratuitement, gros postes compris instantané cumul veille en marche départ arrêt palier du chauffe-eau circuits de prises circuits dédiés, raccordés en fixe : pas de prise Frigo, congélateur Meuble TV multiprise Sèche-linge, lave-vaisselle Radiateur d'appoint Chauffe-eau Plaques de cuisson Four encastré VMC Radiateurs muraux kWh kWh kWh kWh ! puissance admissible ?

prise de mesure ce que l'instrument voit

Soirée 1 : le froid

Réfrigérateur, congélateur, cave à vin : les seuls appareils du logement qui fonctionnent en permanence, toute l'année, sans que personne ne les allume. Leur compresseur alterne des phases de marche et de longs silences, si bien que deux relevés à dix minutes d'écart donnent des valeurs sans rapport. Seul le cumul, laissé deux jours pleins, dégivrage compris, veut dire quelque chose.

Un congélateur ancien installé dans un garage qui monte en température l'été est un candidat sérieux, et deux jours de mesure suffisent à le confondre.

Pour faire ce tour une fois, sur des appareils qu'on passe en revue l'un après l'autre, le modèle à écran suffit largement.

Voir les wattmètres à écran

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Étape 1 sur 4

Par quoi commencer, et dans quel ordre

Une campagne de mesure qui aboutit tient en trois soirées, et l’ordre n’est pas indifférent.

D’abord le froid — réfrigérateur, congélateur, cave à vin. Ce sont les seuls appareils du logement qui fonctionnent en permanence, toute l’année, sans que personne ne les allume. Un congélateur ancien installé dans un garage qui monte en température l’été est un candidat sérieux, et deux jours de mesure suffisent à le confondre.

Ensuite les meubles, pris à la multiprise plutôt qu’appareil par appareil : le meuble télévision, le poste de travail, le coin box et réseau. C’est là que l’addition des veilles se constitue, et c’est le poste le plus facile à traiter une fois qu’il est chiffré.

Enfin les usages ponctuels mais lourds — sèche-linge, lave-vaisselle, appoints de chauffage — mesurés au cycle ou à la soirée. Ils ne sont pas permanents, donc leur poids annuel dépend entièrement du nombre de fois où on les lance, ce que la mesure ne devinera jamais à votre place.

Ce que cette campagne ne couvre pas, elle ne le couvrira jamais : les pertes du bâtiment lui-même, qui se cherchent avec d’autres outils et une autre méthode, décrite en entier dans trouver les déperditions de chaleur. Et si le poste qui ressort est le chauffage électrique, la suite n’est pas une prise de mesure supplémentaire mais une question de régulation, traitée pour les appareils électriques dans thermostat connecté radiateur électrique et pour les radiateurs à eau chaude dans têtes thermostatiques connectées : avis.

Pour couper d’un geste ce que la mesure aura désigné, l’accessoire le plus rentable du rayon reste le plus bête, et il ne mesure rien : une multiprise à interrupteur  (lien partenaire — Lien partenaire Amazon : si vous achetez via ce lien, le site touche une commission, sans surcoût pour vous.) sous le meuble télévision, actionnée le soir.

Où s’arrête ce que je peux dire

Cette page décrit un instrument, la façon de le lire et les limites de ce qu’il voit. Elle ne remplace ni un diagnostic électrique, ni un audit.

Je ne suis ni électricien ni thermicien. Tout ce qui touche au tableau, à l’identification d’un départ, à la pose d’une pince ampèremétrique ou à une prise qui chauffe relève d’un professionnel qualifié, sur place — et une prise qui chauffe, une odeur de plastique ou un disjoncteur qui se déclenche ne sont jamais des sujets de mesure, mais des sujets d’intervention immédiate.

Ce que personne ne fera à votre place, en revanche, c’est le tour des appareils, carnet à la main, sur trois soirées. Il ne coûte rien d’autre que le prix d’un accessoire, il désigne un coupable que l’intuition avait manqué neuf fois sur dix, et il évite d’acheter un appareil neuf pour un problème qui était une habitude.

En bref

Prise connectée pour mesurer la consommation, avis : est-ce que ça sert vraiment ?
Oui, à une condition : que l'appareil qui vous intrigue soit branché sur une prise. L'outil rend alors un service qu'aucune estimation ne rend, celui de remplacer une intuition par un nombre, et l'intuition se trompe presque toujours parce qu'elle retient ce qui est puissant plutôt que ce qui est long. En revanche, il ne dira jamais rien du chauffe-eau, des plaques, du four encastré ni des radiateurs muraux, qui sont raccordés en fixe au tableau et pèsent bien plus lourd que tout ce qui se branche.
Quelle différence entre un wattmètre simple et une prise connectée ?
Le capteur est le même et la mesure aussi : les deux comptent des kilowattheures. Ce qui change est la mémoire. Un wattmètre à écran affiche un cumul qu'il faut aller relever à genoux derrière un meuble, et qui repart à zéro si on le débranche. Une prise connectée envoie ce cumul à une application, ce qui donne un historique jour par jour, des comparaisons entre appareils et une commande à distance. Pour une mesure ponctuelle sur un seul appareil, le modèle à écran suffit et coûte trois fois moins cher.
Peut-on brancher un radiateur d'appoint sur une prise de mesure ?
Seulement si la puissance admissible inscrite sur le boîtier le permet, et il faut aller la lire avant de commander. Un appoint de deux mille watts appelle près de neuf ampères en continu, ce que toutes les prises de mesure n'acceptent pas. La règle vaut d'ailleurs au-delà de cet accessoire : un appareil de chauffage se branche directement au mur, jamais derrière une rallonge, un enrouleur ou une multiprise, parce que c'est là que la chaleur s'accumule sans que personne ne la voie.
Combien de temps faut-il laisser la mesure en place ?
Cela dépend entièrement de l'appareil, et c'est le point que les notices passent sous silence. Un réfrigérateur fonctionne par cycles de compresseur et demande deux jours pleins, dégivrage compris, avant que la moyenne ne veuille dire quelque chose. Un lave-linge se mesure au cycle, pas à l'heure. Un meuble télévision se mesure sur vingt-quatre heures pour saisir la valeur basse, celle qui dure. Une lecture instantanée, elle, ne dit rien du tout sur tout ce qui démarre et s'arrête tout seul.
La prise de mesure consomme-t-elle elle-même quelque chose ?
Oui, un peu, et c'est rarement écrit sur la boîte. Le circuit de mesure et la liaison sans fil d'un modèle connecté tirent en permanence de l'ordre du watt, parfois davantage sur les modèles anciens. Sur une mesure ponctuelle de quelques jours, cela n'a aucune importance. Sur une prise laissée à demeure derrière chaque meuble pendant des années, l'addition mérite d'être posée, surtout si les appareils surveillés se révèlent finalement sobres.
Comment connaître la consommation d'un appareil sans prise, comme un chauffe-eau ?
Par le compteur communicant, dont les données de consommation horaires sont accessibles gratuitement à l'usager depuis son espace client de gestionnaire de réseau. Un chauffe-eau qui démarre seul en heures creuses dessine un palier reconnaissable au milieu de la nuit, quand plus rien d'autre ne fonctionne. Pour isoler un départ précis dans le tableau, il faut une pince ampèremétrique et l'intervention d'un électricien : ce n'est plus un accessoire grand public.

Qui écrit

Baptiste S.

Propriétaire bailleur, fondateur du site

Je vis dans ma maison et je gère plusieurs logements en location — une maison ancienne, des appartements plus récents. Trois bâtis, trois façons de mal supporter la canicule et l'hiver, et une quinzaine d'années à voir ce qui tient et ce qui ne tient pas. Je ne suis ni thermicien ni installateur : je mesure, je compare les devis que je reçois, et j'écris ce que j'ai vérifié.

Ce site n'est pas un bureau d'études thermiques. Pour un dimensionnement de pompe à chaleur, un calcul de déperditions réglementaire ou un DPE, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe la limite.

D'où viennent les chiffres de ce site

Deux envois par saison, pas un de plus

Avant la canicule et avant les premiers froids : ce qu'il faut avoir fait, et ce qui ne sert à rien d'acheter. Rien d'autre.

  • Fin avril : le calendrier de préparation à la chaleur.
  • Fin septembre : ce qu'il reste à faire avant le froid.

Adresse conservée trois ans après le dernier contact, jamais revendue. Détail.