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Guide — L'été

Rafraîchir une maison sans clim : par où commencer

Trois familles de gestes, et elles ne pèsent pas le même poids. Prises dans le désordre, elles coûtent cher pour rien ; prises dans l'ordre, les premières rendent les suivantes presque superflues.

Baptiste S. — propriétaire bailleur, fondateur du site 31 août 2026 7 min 4 articles rattachés

Une pièce sous les combles au plus chaud de l'après-midi Vue intérieure d'une chambre aménagée sous rampant. Le soleil traverse un châssis de toit resté sans protection et pose un rectangle de lumière franche sur le plancher. Sous le faîtage, l'air le plus chaud s'accumule en une nappe orangée qui descend jusqu'à hauteur d'homme ; au ras du sol subsiste une lame d'air plus fraîche. Au premier plan, le pied d'un lit et une pile de livres se détachent en ombre.
Coupe d'une maison en fin de journée d'été : la nappe d'air surchauffé sous la toiture, les volets fermés côté ouest, une fenêtre basse ouverte côté ombre

Il y a un moment, chaque été, où l’on se met à chercher des solutions. C’est généralement le troisième jour d’un épisode chaud, quand la maison ne redescend plus la nuit et qu’on comprend que la journée d’hier n’a pas été évacuée.

À ce moment-là, la tentation est d’acheter quelque chose. Ce guide propose l’inverse : commencer par vérifier dans quel ordre on s’y prend, parce que le même objet, acheté au bon moment de la liste, ne donne pas du tout le même résultat.

Rafraîchir une maison sans clim, dans l’ordre qui marche

Trois familles de gestes, et elles ne pèsent pas le même poids.

D’abord empêcher la chaleur d’entrer. C’est le poste le plus lourd, et le seul qui agisse sur la cause plutôt que sur le symptôme. Ensuite évacuer celle qui est entrée quand même, ce qui suppose un air extérieur devenu plus frais que l’air intérieur — donc, en pratique, la nuit. En dernier seulement, se rafraîchir soi-même, parce qu’un ventilateur ne refroidit pas une pièce : il refroidit une peau.

Ce classement n’est pas un tic de rédaction. Un ventilateur de plafond dans une chambre sous des combles mal isolés brasse un air qui est peut-être à trente-deux degrés : le geste n’est pas faux, il arrive trop tôt dans la liste. Le même appareil, une fois le châssis de toit occulté et la nuit exploitée, devient le confort qui manquait. Même objet, même prix, résultat sans commune mesure.

Ce qui entre par les vitrages se compte en watts

La chaleur d’été entre dans un logement par trois portes : les vitrages, en rayonnement direct ; les parois, par conduction lente ; et l’air, quand on le fait entrer. Sur une maison ordinaire un jour de plein soleil, la première l’emporte largement sur les deux autres.

Le problème, c’est qu’un apport solaire ne se voit pas. On sent qu’une pièce est chaude, on ne perçoit pas qu’une fenêtre y déverse l’équivalent d’un radiateur allumé. Le calculateur ci-dessous transforme ça en une puissance, à partir de votre fenêtre.

Calculateur

Ce que votre fenêtre laisse entrer

Renseignez une fenêtre de la pièce qui chauffe le plus. Le calcul rend la puissance qui entre au moment du pic, un jour de ciel clair.

Au pic, cette fenêtre apporte

739 W

Rapporté à la pièce

62 W/m²

Autrement dit : un chauffage de 739 W allumé dans la pièce, tout l'après-midi. C'est environ 62 % de la puissance qu'on prévoirait pour chauffer cette même pièce en plein hiver.

Volet plein fermé, il ne resterait que 74 W — soit 665 W en moins à évacuer.

D'où vient ce chiffre

Trois facteurs multipliés : la surface du vitrage, le flux solaire qui arrive dessus, et la part de ce flux qui finit en chaleur dans la pièce.

Les flux retenus sont des ordres de grandeur de crête par ciel clair sur un vitrage vertical, en France métropolitaine : 550 W/m² à l'ouest, 500 à l'est, 350 au sud, 130 au nord. Le sud est le plus bas des trois façades ensoleillées, et ce n'est pas une erreur : en juillet le soleil passe très haut à midi et rase la façade sud, alors qu'il arrive presque de face à l'est le matin et à l'ouest le soir.

La part transmise va de 0,60 pour un double vitrage clair nu à 0,06 derrière un volet plein. Le saut est entre l'intérieur et l'extérieur, pas entre les matières : un rideau intérieur intercepte la lumière après que le verre l'a laissée entrer, il chauffe, et il rend cette chaleur dans la pièce.

La comparaison finale s'appuie sur 100 W/m², l'ordre de grandeur qu'on retient couramment pour chauffer une pièce dans un logement ancien peu isolé. C'est une règle de pouce, pas un calcul réglementaire.

Ce calcul situe, il ne dimensionne pas. Le facteur solaire réel de votre vitrage est écrit sur son certificat, et un masque — un arbre, un balcon, la maison d'en face — peut diviser le résultat par deux.

Le chiffre surprend souvent, et l’orientation encore plus. En été, une façade plein sud reçoit moins que la même façade à l’ouest. Ce n’est pas une coquille : en juillet, le soleil de midi passe très haut et rase la façade sud, alors qu’il arrive presque perpendiculairement sur les vitrages ouest en fin de journée — sur une maison qui a déjà encaissé la chaleur depuis le matin. La pièce plein ouest est, dans neuf logements sur dix, celle qui devient invivable en premier.

D’où la hiérarchie des protections, qui tient en une phrase : ce qui arrête le soleil dehors bat tout ce qui l’arrête dedans. Un rideau, même vendu comme thermique, intercepte le rayonnement une fois le verre traversé ; le tissu chauffe et rend cette chaleur dans la pièce. Un volet, un store extérieur, une casquette, un arbre : eux renvoient le rayonnement avant le vitrage. L’écart entre les deux se lit directement dans le calculateur, en passant d’une option à l’autre.

Le cas le plus criant : la fenêtre de toit

Elle reçoit le soleil de face au plus mauvais moment de la journée, elle donne sur la pièce la plus difficile à rafraîchir, et elle n’a presque jamais de volet. C’est là que le premier euro est le mieux placé, et de loin.

Le bon choix si une chambre sous rampant qui devient invivable dès le milieu de l'après-midi

Store occultant extérieur pour fenêtre de toit

4,6 / 5 — appréciation de la rédaction

  • Posé DEHORS : il renvoie le rayonnement avant qu'il n'atteigne le vitrage
  • C'est le seul geste qui agisse à la fois sur la fenêtre et sur la pièce la plus exposée
  • Se manœuvre depuis l'intérieur sur la plupart des modèles, sans monter sur le toit

La réserve — Les modèles se rangent par marque ET par dimension de châssis, et les repères de format ne sont pas interchangeables d'un fabricant à l'autre. Relevez la référence inscrite sur la traverse haute de votre fenêtre avant de commander — c'est l'erreur la plus fréquente sur ce produit, et un retour coûte le bénéfice de l'achat.

60 à 140 € selon la dimension du châssis

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Si la pose extérieure est impossible — location, accès dangereux, châssis trop haut — une toile tendue au-dessus de la fenêtre, à quelques centimètres du vitrage, fait une partie du travail. Elle reste très supérieure à n’importe quel store intérieur, parce qu’elle laisse l’air circuler entre l’ombre et la vitre.

Sur un vitrage exposé, la solution la plus rentable au mètre carré reste le film : les mesures après deux étés sont dans film solaire pour fenêtre, ce qu’il vaut vraiment.

La nuit est la seule ressource gratuite du logement

Une maison qui a fermé ses volets tient la journée. Elle ne tient que si elle peut se décharger la nuit — sinon elle repart le lendemain matin d’un niveau plus haut, et le surlendemain plus haut encore. C’est ce cumul, et pas la température d’une journée isolée, qui rend les épisodes longs difficiles.

La sur-ventilation nocturne consiste à ouvrir largement, en créant un passage d’air entre deux façades ou entre deux niveaux, dès que le dehors est repassé sous le dedans. Deux conditions, souvent négligées : il faut deux ouvertures, pas une — une fenêtre seule ne crée aucun mouvement — et il faut vérifier l’écart au lieu de le supposer. En ville, la nuit de juillet ne redescend parfois qu’après vingt-trois heures.

C’est le seul cas de cette page où un achat à quelques euros change vraiment la décision.

Le bon choix si savoir à quelle heure ouvrir, au lieu de le deviner

Thermomètre intérieur-extérieur sans fil

4,4 / 5 — appréciation de la rédaction

  • Répond en une seconde à la seule question qui compte le soir : est-ce que j'ouvre ?
  • La mémoire des minima montre à quelle heure la nuit bascule réellement chez vous
  • Un écart affiché en permanence change les habitudes bien plus qu'un conseil lu

La réserve — Le placement de la sonde décide de tout : posée au soleil ou contre un mur clair, elle mesure le rayonnement sur son boîtier et non la température de l'air, avec plusieurs degrés d'écart. Il faut l'ombre, et de préférence le nord.

15 à 35 €

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Une précision utile sur l’ordre des ouvertures. Le tirage se fait du frais vers le chaud : ouvrez en grand en bas et au nord, et laissez sortir en haut, par une fenêtre de palier ou de comble. L’inverse fonctionne beaucoup moins bien, parce qu’on lutte alors contre le sens naturel du mouvement d’air.

Ce que la toiture rend à la tombée du jour

Il reste un poste qu’aucun geste quotidien ne rattrape : l’inertie de la toiture. Une couverture exposée depuis le matin continue de restituer vers l’intérieur bien après le coucher du soleil, et c’est la raison pour laquelle une chambre sous rampant est encore chaude à minuit alors que le rez-de-chaussée a déjà tourné.

Un isolant en épaisseur correcte sous rampant retarde et écrête ce transfert. On sort ici du domaine du geste et du petit achat : c’est un chantier, avec des règles de mise en œuvre, un pare-vapeur à traiter et une ventilation de couverture à préserver. Je ne suis ni thermicien ni couvreur, et le dimensionnement d’une isolation de comble se juge sur place — c’est un devis d’entreprise qualifiée, pas une recommandation d’article. L’ADEME publie des guides pratiques gratuits sur ces travaux, disponibles sur ademe.fr.

En attendant ce chantier, la seule contre-mesure sérieuse consiste à fermer la pièce sous combles pendant la journée et à la sur-ventiler franchement dès que l’air le permet, en s’appuyant sur le tirage naturel entre le bas et le haut de la maison.

Les gestes qui ne coûtent rien, et qu’on oublie

Quatre habitudes pèsent plus lourd qu’on ne l’imagine, et aucune ne demande d’achat.

Éteindre ce qui chauffe. Un four utilisé en fin d’après-midi restitue sa chaleur pendant des heures, au pire moment. Cuisiner tôt le matin ou dehors change réellement la soirée dans une petite maison.

Fermer les portes intérieures des pièces exposées pendant la journée. Une chambre plein ouest, portes ouvertes, réchauffe le couloir puis le reste du niveau. Fermée, elle encaisse seule, et on la vide la nuit.

Étendre le linge dehors, pas dedans. Un séchage intérieur ajoute de l’humidité, et c’est l’humidité qui rend une chaleur pénible bien avant que le thermomètre ne le justifie.

Ne pas arroser les vitres au jet. Le choc thermique sur un vitrage chaud est une mauvaise idée, et l’eau évaporée retombe en humidité juste devant la fenêtre qu’on va ouvrir le soir.

Quand on ne peut ni percer ni coller, le textile prend le relais : voir rideau thermique anti-chaleur, lequel choisir.

Quand le ventilateur devient enfin utile

Il arrive en dernier, mais il arrive. Un ventilateur ne retire aucune chaleur — son moteur en ajoute même un peu — et pourtant l’effet ressenti est bien réel : le mouvement d’air accélère l’évaporation à la surface de la peau, ce qui vaut plusieurs degrés de confort. Deux conséquences pratiques, rarement dites : il ne sert à rien dans une pièce vide, et il ne remplace jamais une protection solaire, il la complète.

Entre les modèles, le critère qui compte le plus au quotidien n’est ni le débit ni le nombre de vitesses, mais le bruit à la vitesse où on l’utilise vraiment — c’est-à-dire la plus basse, la nuit.

Le bon choix si une chambre où l'on cherche du confort la nuit sans bruit de fond

Ventilateur de plafond silencieux

4,5 / 5 — appréciation de la rédaction

  • Brasse un grand volume lentement : c'est ce qui le rend discret à débit égal
  • Ne prend aucune place au sol et ne se déplace pas dans la pièce
  • La plupart des modèles s'inversent l'hiver pour déstratifier l'air chaud du plafond

La réserve — Il lui faut de la hauteur. Sous deux mètres quarante sous plafond, la garde au sol devient insuffisante et l'appareil devient gênant plutôt qu'agréable — un modèle sur pied est alors le choix raisonnable, malgré son encombrement.

90 à 250 €

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Le rafraîchisseur d’air, lui, mérite sa propre discussion : il refroidit réellement, par évaporation, mais il ajoute de l’humidité dans la pièce, ce qui le rend inopérant précisément là où l’air est déjà humide — le sujet est traité dans rafraîchisseur d’air : avis. Et la climatisation mobile relève d’un autre raisonnement, avec ses propres pièges — le calfeutrage de la fenêtre en tête. C’est l’objet du guide choisir un climatiseur mobile.

Encore faut-il le bon format : les deux sont comparés dans ventilateur de plafond ou de colonne, lequel refroidit.

Par où commencer chez vous

L’ordre général — arrêter, évacuer, brasser — vaut partout. Son application, non : le premier levier n’est pas le même sous un rampant, au dernier étage d’un immeuble ou derrière une grande baie de plain-pied.

Sélecteur

Par quel levier commencer chez vous

Les gestes sont les mêmes pour tout le monde ; leur ordre, non. Choisissez la configuration la plus proche de la vôtre.

Une pièce sous rampant

Le cas le plus dur, et le plus fréquent en maison. La chaleur n'entre pas seulement par la fenêtre : la toiture encaisse le soleil toute la journée et la restitue vers l'intérieur jusque tard dans la nuit.

  1. Rang 1 : Occulter le châssis de toit par l'extérieur

    Un châssis de toit reçoit le soleil presque de face au moment où il tape le plus fort, et c'est la seule ouverture de la maison dans ce cas. Un store intérieur ne suffit pas ici : le verre chauffe quand même, et le tissu renvoie cette chaleur dans la chambre. Il faut arrêter le rayonnement dehors.

  2. Rang 2 : Vérifier l'épaisseur d'isolant sous le rampant

    C'est la surface la plus exposée du logement et souvent la moins bien traitée, surtout dans les combles aménagés avant les années 2000. Tant que la toiture restitue, tout le reste ne fait que compenser.

  3. Rang 3 : Sur-ventiler dès que l'air extérieur est passé sous l'air intérieur

    Sous les combles, l'air chaud est piégé en haut. Ouvrir seulement la fenêtre de la pièce ne crée aucun mouvement ; ouvrir en même temps une ouverture basse, à l'étage en dessous, met en route un tirage naturel.

  4. Rang 4 : Un ventilateur, en dernier

    Il ne refroidit pas l'air, il refroidit la peau — le gain est réel mais il s'arrête quand on sort de la pièce. Utile une fois les trois premiers points traités, décevant avant.

Cet ordre vient de la hiérarchie des apports : on arrête d'abord ce qui entre, on évacue ensuite ce qui est entré, et on ne cherche à se rafraîchir soi-même qu'en dernier. Il ne dépend d'aucune marque et d'aucun budget.

Un appartement sous la toiture d'un immeuble

Même physique que les combles, mais la plupart des leviers ne vous appartiennent pas : la toiture-terrasse et la façade relèvent de la copropriété.

  1. Rang 1 : Protéger les vitrages par l'extérieur, dans ce que le règlement autorise

    C'est le seul levier de première grandeur qui reste accessible. Store banne, brise-soleil, voile d'ombrage sur un balcon : la question n'est pas technique mais réglementaire, et elle se tranche en lisant le règlement de copropriété avant d'acheter quoi que ce soit.

  2. Rang 2 : À défaut, un film solaire sur la vitre

    Moins efficace qu'une protection extérieure, parce que la chaleur est déjà entrée dans le verre. Mais c'est ce qui se pose sans autorisation et sans modifier l'aspect de la façade — et l'écart avec un simple rideau reste net.

  3. Rang 3 : Porter l'isolation de la toiture à l'ordre du jour de l'assemblée générale

    Rien que vous puissiez faire seul, et c'est pourtant le poste qui pèse le plus au dernier étage. Le dire tôt évite d'empiler des demi-mesures pendant dix ans.

  4. Rang 4 : Sur-ventiler la nuit si l'air redescend vraiment

    En ville dense, la nuit ne redescend pas toujours : ouvrir quand il fait 26 °C dehors et 27 °C dedans ne gagne presque rien et fait entrer le bruit. Un thermomètre extérieur tranche la question mieux qu'une impression.

Cet ordre vient de la hiérarchie des apports : on arrête d'abord ce qui entre, on évacue ensuite ce qui est entré, et on ne cherche à se rafraîchir soi-même qu'en dernier. Il ne dépend d'aucune marque et d'aucun budget.

Un séjour de plain-pied largement vitré

Ici, presque tout se joue sur une seule surface. Une baie de 5 m² sans protection extérieure apporte plus qu'un chauffage d'appoint réglé à fond.

  1. Rang 1 : Une protection extérieure mobile sur la baie

    Mobile, parce qu'une casquette fixe correctement dimensionnée pour juillet vous prive aussi du soleil de février, qui lui est le bienvenu. Volet roulant, store extérieur ou brise-soleil orientable : les trois arrêtent le rayonnement avant le vitrage, c'est ce qui compte.

  2. Rang 2 : De l'ombre portée, si le terrain le permet

    Une pergola, un arbre à feuilles caduques ou une simple voile tendue font le même travail que le store, et sur une surface plus large que la baie seule. L'arbre caduc a l'avantage de disparaître l'hiver, exactement quand on veut récupérer le soleil.

  3. Rang 3 : Fermer la maison la journée, l'ouvrir la nuit

    Le réflexe d'ouvrir en grand à 15 h pour « aérer » fait entrer un air plus chaud que celui de la pièce. Le plain-pied se prête bien au balayage nocturne : deux ouvertures opposées, et l'air traverse.

  4. Rang 4 : Le brassage, une fois le reste fait

    Un ventilateur de plafond dans un séjour est confortable et discret. Il ne remplace pas la protection de la baie, il la complète.

Cet ordre vient de la hiérarchie des apports : on arrête d'abord ce qui entre, on évacue ensuite ce qui est entré, et on ne cherche à se rafraîchir soi-même qu'en dernier. Il ne dépend d'aucune marque et d'aucun budget.

Un appartement non traversant

Toutes les fenêtres donnent du même côté. C'est la configuration où les conseils habituels tombent à plat, parce qu'ils supposent tous un courant d'air qui n'existe pas.

  1. Rang 1 : Regarder d'abord si le balayage est récupérable

    Sans deux façades, l'air n'a pas de raison de traverser. Mais une porte palière entrebâillée sur une cage d'escalier plus fraîche, ou une VMC qu'on laisse en grande vitesse, recréent parfois un tirage. C'est à vérifier avant de dépenser quoi que ce soit.

  2. Rang 2 : Protéger la seule façade exposée, par l'extérieur

    Quand il n'y a qu'une orientation, tout l'apport solaire arrive par elle. C'est le levier le plus rentable du logement, et de loin.

  3. Rang 3 : Forcer l'extraction la nuit

    Un ventilateur posé dans l'embrasure et tourné vers l'extérieur pousse l'air chaud dehors et crée une dépression qui fait entrer de l'air par les autres ouvertures. C'est moins élégant qu'un courant d'air naturel, mais dans un logement non traversant, c'est ce qui marche.

  4. Rang 4 : Réduire ce que vous produisez vous-même

    Sans renouvellement d'air, les apports internes ne partent plus : le four, la plaque, la box, un ordinateur de bureau. Ce sont quelques centaines de watts, négligeables dans une maison ventilée, sensibles dans deux pièces fermées.

Cet ordre vient de la hiérarchie des apports : on arrête d'abord ce qui entre, on évacue ensuite ce qui est entré, et on ne cherche à se rafraîchir soi-même qu'en dernier. Il ne dépend d'aucune marque et d'aucun budget.

Une dernière chose, qui n’a rien de technique. Ces quatre plans ne se déroulent pas en une saison. Le seul mauvais choix serait de commencer par le bas de la liste parce que c’est ce qui s’achète le plus vite.

Ce que je peux dire, et ce que je ne peux pas

J’écris ces pages depuis une maison ancienne que j’occupe et des logements que je loue — c’est-à-dire depuis des relevés, des saisons passées à essayer des choses, et quelques dépenses inutiles dont ce guide cherche à vous épargner la répétition. Je ne suis ni thermicien, ni installateur, ni diagnostiqueur.

La limite est nette et vaut la peine d’être posée : tout ce qui relève du dimensionnement sort du cadre de ce site. L’épaisseur d’isolant qui convient à votre comble, la puissance d’un équipement, la faisabilité d’une pose se jugent sur place et engagent une responsabilité. Ce que ces pages peuvent faire, c’est vous éviter de payer cher un geste qui arrivait trop tôt dans la liste.

En bref

Comment rafraîchir une maison sans clim quand rien ne semble marcher ?
En vérifiant l'ordre des gestes plutôt que leur nombre. Trois familles se succèdent et ne sont pas interchangeables : empêcher la chaleur d'entrer, ce qui se joue d'abord sur les vitrages et de l'extérieur ; évacuer celle qui est entrée, ce qui suppose un air extérieur réellement plus frais, donc la nuit ; et se rafraîchir soi-même en dernier, avec un mouvement d'air. Un ventilateur allumé dans une pièce dont le châssis de toit n'est pas occulté brasse un air à trente degrés : le geste n'est pas faux, il arrive trop tôt dans la liste.
Un rideau thermique intérieur suffit-il à protéger du soleil ?
Il aide, mais il joue toujours en second. Un rideau intercepte le rayonnement une fois le verre traversé : le tissu chauffe et restitue une partie de cette chaleur dans la pièce. Une protection extérieure — volet, store, brise-soleil, végétation — renvoie le rayonnement avant qu'il n'atteigne le vitrage, ce qui est incomparablement plus efficace. Quand l'extérieur est impossible, le rideau reste utile : il faut simplement savoir qu'on choisit alors une solution de repli.
Quelle orientation chauffe le plus en été ?
L'ouest, et cela surprend presque tout le monde. En juillet, le soleil de midi passe très haut et rase la façade sud, alors qu'il arrive presque perpendiculairement sur les vitrages ouest en fin de journée — sur une maison qui a déjà encaissé la chaleur depuis le matin. La pièce plein ouest est, dans la plupart des logements, celle qui devient invivable en premier, et c'est souvent là qu'il faut placer le premier euro.
À quelle heure faut-il ouvrir les fenêtres l'été ?
Quand l'air extérieur est réellement passé sous l'air intérieur, ce qui se vérifie et ne se devine pas. En ville, la nuit de juillet ne redescend parfois qu'après vingt-trois heures, et ouvrir trop tôt fait entrer de la chaleur au lieu d'en sortir. Deux ouvertures sont nécessaires, pas une : une fenêtre seule ne crée aucun mouvement d'air. L'idéal est un passage entre deux façades opposées, ou entre le bas et le haut de la maison.
Un ventilateur de plafond refroidit-il vraiment une pièce ?
Non, et son moteur ajoute même un peu de chaleur. L'effet est réel mais il porte sur les personnes, pas sur l'air : le mouvement accélère l'évaporation à la surface de la peau, ce qui vaut plusieurs degrés de confort ressenti. Deux conséquences pratiques rarement dites — il ne sert à rien dans une pièce vide, et il ne remplace jamais une protection solaire, il la complète.
Pourquoi ma chambre sous les combles reste-t-elle chaude la nuit ?
À cause de l'inertie de la toiture. Une couverture exposée depuis le matin continue de restituer de la chaleur vers l'intérieur longtemps après le coucher du soleil, ce qui explique qu'une pièce sous rampant soit encore chaude à minuit quand le rez-de-chaussée a déjà tourné. Aucun geste quotidien ne rattrape complètement ce poste : seule une isolation en épaisseur correcte sous rampant retarde et écrête le transfert, et cela relève d'un chantier, pas d'un achat.

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Faire chiffrer les travaux

Cinq questions, l'adresse en dernier. La première suffit à savoir dans quel ordre traiter — et sur deux postes, la réponse est d'attendre.

01 Le poste que vous voulez traiter

Un seul, le plus gênant. C'est celui-là qui décide de l'ordre du reste.

C'est le bon poste, et il sert aux deux saisons

La toiture pèse à elle seule de l'ordre du quart des déperditions d'une maison non rénovée, et c'est aussi elle qui rend une pièce sous combles invivable en août. C'est le seul travail qui serve autant en janvier qu'en juillet — donc celui dont le calcul de rentabilité est le plus favorable.

02 Votre logement
03 Votre échéance
04 Où se trouve le logement

Le code postal seul : il sert à chercher un professionnel de votre secteur, pas à vous localiser.

05 Comment vous joindre
Deux minutes. Ce que deviennent vos données.

L'autre moitié

Les combles qui laissent entrer la chaleur en août sont ceux qui la laissent partir en janvier. C'est le même bâtiment qu'on regarde, dans l'autre sens.

Quand il fait trop froid

Qui écrit

Baptiste S.

Propriétaire bailleur, fondateur du site

Je vis dans ma maison et je gère plusieurs logements en location — une maison ancienne, des appartements plus récents. Trois bâtis, trois façons de mal supporter la canicule et l'hiver, et une quinzaine d'années à voir ce qui tient et ce qui ne tient pas. Je ne suis ni thermicien ni installateur : je mesure, je compare les devis que je reçois, et j'écris ce que j'ai vérifié.

Ce site n'est pas un bureau d'études thermiques. Pour un dimensionnement de pompe à chaleur, un calcul de déperditions réglementaire ou un DPE, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe la limite.

D'où viennent les chiffres de ce site

Deux envois par saison, pas un de plus

Avant la canicule et avant les premiers froids : ce qu'il faut avoir fait, et ce qui ne sert à rien d'acheter. Rien d'autre.

  • Fin avril : le calendrier de préparation à la chaleur.
  • Fin septembre : ce qu'il reste à faire avant le froid.

Adresse conservée trois ans après le dernier contact, jamais revendue. Détail.