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Guide — L'été

Choisir un climatiseur mobile : les trois arbitrages

Un climatiseur mobile ne fabrique pas de froid : il déplace de la chaleur, et il refroidit son condenseur avec l'air de votre pièce. Tout ce qui compte dans le choix découle de cette phrase.

Baptiste S. — propriétaire bailleur, fondateur du site 31 août 2026 9 min 3 articles rattachés

Un climatiseur mobile en marche dans un séjour, à la nuit tombante Vue intérieure d'un séjour en fin de journée. Un climatiseur mobile monobloc est posé près de la fenêtre ; sa gaine souple remonte vers un ouvrant à peine rabattu, calé par un carton découpé et du ruban adhésif. Par l'entrebâillement resté libre, une nappe d'air chaud redescend le long du mur, au-dessus même de l'appareil. Devant la grille de soufflage, une lame d'air froid s'étale au ras du sol. Le ciel du soir, seule source de lumière, éclaire la face droite des volumes et laisse le reste de la pièce dans l'ombre.
Un climatiseur monobloc posé dans une pièce, sa gaine traversant un calfeutrage ajusté sur une fenêtre coulissante, l'air chaud repris au niveau du sol

C’est l’achat d’été par excellence : décidé un jeudi de canicule, livré le samedi, installé dans l’heure, et jugé décevant le dimanche. Le plus souvent, l’appareil n’y est pour rien — c’est le raisonnement d’achat qui était à l’envers.

Choisir un climatiseur mobile, c’est arbitrer entre trois choses

Pas trente. La puissance vient en dernier, et voici pourquoi.

Un climatiseur ne fabrique pas de froid : il déplace de la chaleur. Il la prend dans la pièce et la met dehors, et pour la mettre dehors il faut refroidir la pièce chaude de la machine — le condenseur. Un split fixe le fait avec de l’air pris à l’extérieur, dans l’unité posée sur la façade. Un monobloc n’a pas d’unité extérieure : il refroidit son condenseur avec l’air de votre pièce, qu’il expulse ensuite par la gaine.

Tout découle de là. L’air parti dans la gaine ne s’évapore pas : il est remplacé, litre pour litre, par de l’air qui entre — sous les portes, par les coffres de volet, par les grilles de ventilation, et surtout par l’entrebâillement de la fenêtre où passe la gaine. Cet air-là arrive à la température du dehors.

Les trois arbitrages, dans l’ordre : l’étanchéité du passage de la gaine, qui décide de la moitié du résultat ; le bruit, parce que le compresseur est dans la pièce et qu’un appareil qu’on éteint pour dormir ne refroidit rien ; la puissance, en dernier, une fois qu’on sait combien il en restera.

Le premier arbitrage, avant même la puissance, oppose deux familles d’appareils : il est traité de bout en bout dans climatiseur mobile monobloc ou split en appartement.

Le calcul que les fiches produits ne font pas

La perte n’a rien de marginal, et elle se chiffre. Elle dépend de trois choses que vous connaissez : la puissance annoncée, l’écart entre le dehors et la température visée, et l’état du calfeutrage.

Calculateur

Ce que la gaine vous reprend

Un monobloc rejette dehors de l'air pris dans la pièce. Cet air-là est remplacé, et son remplaçant arrive à la température du dehors. Voici ce qu'il reste de la puissance annoncée, une fois cette reprise déduite.

Il reste, dans la pièce

1 177 W

Sur les

2 638 W annoncés

Soit

45 %

Froid réellement disponible Repris par l'air entrant : 1 461 W

Pour évacuer sa propre chaleur, cette machine pousse de l'ordre de 430 m³/h dans la gaine. Autant d'air quitte la pièce, autant d'air extérieur y entre — et il arrive 8 °C plus chaud que ce que vous visez.

Avec un calfeutrage ajusté au lieu du vôtre, il resterait 1 469 W — soit 292 W récupérés sans changer de machine.

D'où viennent ces chiffres

Deux constantes, et elles ne se discutent pas. Un BTU par heure vaut 0,293 W : c'est une conversion d'unités. Et il faut environ 0,34 wattheure pour élever d'un degré un mètre cube d'air — c'est la valeur employée dans tous les calculs de ventilation, obtenue en multipliant la masse volumique de l'air par sa chaleur massique.

Deux hypothèses, elles discutables, et c'est pour ça qu'elles sont écrites. La machine doit évacuer par la gaine le froid qu'elle produit plus l'électricité qu'elle consomme ; le calcul retient un rendement de 2,6, ordre de grandeur courant pour un monobloc récent. Et l'air ressort de la gaine environ 25 °C au-dessus de l'air de la pièce, ce qui fixe le débit nécessaire — les fabricants ne le publiant presque jamais, il fallait bien le reconstituer.

Le coefficient de calfeutrage, enfin, est le seul chiffre franchement éditorial : 1 pour une fenêtre obturée sur tout le passage, 1,25 pour un carton adhésif qui laisse un jour, 1,7 pour un ouvrant simplement entrebâillé. Ce sont des ordres de grandeur destinés à montrer un rang et un sens, pas des valeurs d'essai.

Le résultat est optimiste sur un point : il ne compte que la chaleur sensible de l'air entrant. L'humidité qu'il apporte coûte à la machine une énergie supplémentaire, réelle, qui n'apparaît pas ici. Et un monobloc a un avantage que ce calcul ne montre pas non plus : il se pose le jour où on en a besoin, sans installateur.

Deux enseignements sortent de ce bloc, et ils sont plus utiles que n’importe quel comparatif de modèles.

Le premier : même parfaitement calfeutré, un monobloc rend nettement moins que son affichage. Ce n’est pas un défaut de fabrication ni un mensonge commercial — la puissance annoncée est mesurée sur un banc normalisé, dans des conditions où l’air rejeté n’est pas repris à la pièce. Le laboratoire ne triche pas ; il mesure autre chose que votre salon.

Le second : l’écart entre un calfeutrage ajusté et une fenêtre entrouverte pèse autant qu’un changement de gamme. Autrement dit, l’argent mis dans les 2 000 BTU supplémentaires est presque toujours mieux placé dans le passage de la gaine.

Ce qui se joue sur trente centimètres de fenêtre

Le kit livré dans le carton est une bande de tissu à glissière, prévue pour tenir sur un ouvrant à la française rabattu. Sur une fenêtre coulissante, sur une porte-fenêtre, sur un châssis de toit, il ne convient pas — et c’est là que commencent les improvisations.

Le critère n’est ni la matière ni la marque : c’est la continuité. Une bande de trois centimètres restée libre en haut d’un carton suffit à installer un courant permanent entre l’air chaud du dehors et la pièce, juste au-dessus de la machine qui essaie de la refroidir. Un calfeutrage vaut par son point le plus faible, comme une chambre à air.

Le bon choix si une coulissante, une porte-fenêtre ou un ouvrant que le kit d'origine ne couvre pas

Kit de calfeutrage ajustable pour fenêtre

4,4 / 5 — appréciation de la rédaction

  • C'est le poste où l'euro dépensé rend le plus : il pèse autant qu'un changement de gamme
  • La glissière permet de sortir la gaine sans démonter, et de refermer la nuit
  • Se réutilise d'un été à l'autre, et d'un logement à l'autre en location

La réserve — Le choix se fait sur le type d'ouvrant ET sur la longueur développée du passage à obturer, jamais sur la photo. Sur une coulissante, ce développé fait souvent le double de ce qu'on estime à l'œil — mesurez le pourtour complet avant de commander.

20 à 45 €

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Reste la gaine elle-même. Elle transporte de l’air très chaud sur un mètre cinquante à travers la pièce que vous refroidissez, et elle rayonne tout du long. La rallonger est une mauvaise idée — la contre-pression fait chuter le débit et fatigue le compresseur — mais l’isoler est un geste simple, qui rend à la pièce ce que le plastique nu lui prenait.

Le bon choix si récupérer ce que la gaine nue restitue dans la pièce sur toute sa longueur

Housse isolante pour gaine de climatiseur

4,2 / 5 — appréciation de la rédaction

  • La gaine transporte de l'air très chaud : nue, elle réchauffe la pièce qu'on refroidit
  • Pose en deux minutes, sans outil, et se retire pour le rangement d'hiver
  • Réduit aussi la condensation qui perle sur certaines gaines en ambiance humide

La réserve — C'est un gain de second ordre, à faire APRÈS le calfeutrage et jamais à sa place. Sur un appareil dont la fenêtre reste entrouverte, l'isolation de la gaine ne compense rien du tout.

15 à 30 €

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Le kit décide de la moitié du résultat, et tous ne tiennent pas la saison : le comparatif est dans kit de calfeutrage de fenêtre pour clim mobile.

La puissance, enfin

Maintenant qu’on sait ce qu’il en reste, on peut en parler. L’ordre de grandeur couramment retenu pour une pièce ordinaire, correctement protégée du soleil, tourne autour d’une centaine de watts frigorifiques par mètre carré — c’est une règle de pouce de professionnels, pas une norme, et elle s’effondre dans deux cas : sous une toiture non isolée, et derrière une grande baie exposée à l’ouest sans protection extérieure.

D’où la seule recommandation qui vaille sur ce point : calculez ce qui entre avant de choisir ce qui sort. Une baie plein ouest sans store déverse dans la pièce l’équivalent d’un gros radiateur électrique allumé tout l’après-midi ; aucune machine mobile ne compense ça durablement. La méthode pour chiffrer cet apport et le réduire est l’objet du guide rafraîchir une maison sans clim, et elle vient logiquement avant celle-ci. Le calcul détaillé pièce par pièce est dans combien de BTU pour 20 m².

Deux détails d’achat, souvent découverts trop tard. Les monoblocs portent une étiquette énergie fondée sur un rendement mesuré à un point de fonctionnement, quand les appareils fixes affichent un indicateur saisonnier : les deux chiffres ne sont pas comparables entre eux, seulement à l’intérieur de leur propre famille. Et la consommation réelle dépend surtout du temps de marche — donc du calfeutrage et des volets, pas de la fiche technique.

Le bon choix si savoir ce que l'appareil coûte réellement, et voir l'effet du calfeutrage en trois jours

Wattmètre de prise

4,3 / 5 — appréciation de la rédaction

  • Mesure le cumul en kilowattheures, seule donnée qui compte pour la facture
  • Rend visible l'effet d'un volet fermé ou d'un joint refait : le temps de marche chute
  • Se réutilise ensuite sur n'importe quel appareil du logement

La réserve — Il mesure la consommation, pas le confort obtenu. Un appareil sous-dimensionné qui tourne en continu consommera beaucoup en refroidissant mal, et le wattmètre ne fera pas la différence — c'est au thermomètre de la dire.

12 à 25 €

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Le bruit, l’eau, et la place perdue

Trois nuisances que les comparatifs traitent en fin d’article et qui décident pourtant de l’usage réel.

Le bruit d’abord. Le compresseur est dans la pièce, à deux mètres du lit s’il s’agit d’une chambre. Les niveaux annoncés le sont au régime nominal ; ce qui compte est le niveau à la vitesse basse, celle qu’on utilise la nuit, et il figure rarement sur le carton. Un appareil qu’on finit par éteindre pour dormir a une puissance frigorifique nette de zéro.

L’eau ensuite. Un climatiseur assèche l’air, donc produit des condensats. Selon les modèles, ils s’évaporent par la gaine, s’accumulent dans un bac à vider, ou s’évacuent par un tuyau. Vérifiez lequel avant d’acheter : un bac de deux litres à vider deux fois par nuit se découvre toujours le premier week-end de canicule.

La place, enfin, et pas seulement au sol. Un monobloc mesure environ un mètre de haut, pèse une trentaine de kilos, et il faut le ranger huit mois par an. Dans un petit appartement, ce n’est pas un détail d’arrière-plan : c’est un placard.

Les erreurs de pose qui coûtent le plus

Quatre, et aucune ne se voit sur une fiche produit.

Poser l’appareil contre le mur, sortie d’air obstruée. Le condenseur a besoin d’air ; coincé derrière un meuble, il s’étouffe et le rendement chute. Une vingtaine de centimètres tout autour est un minimum raisonnable.

Refroidir une pièce dont la porte reste ouverte. L’appareil travaille alors sur le volume de tout l’étage. Fermer la porte double l’effet ressenti sans rien dépenser.

Le laisser tourner toute la journée dans une pièce inoccupée. Un monobloc consomme et fait du bruit ; le bénéfice s’évalue à l’usage réel de la pièce.

L’acheter avant d’avoir traité le soleil. C’est l’erreur la plus coûteuse, et la plus fréquente : un store extérieur à cent euros peut rendre inutile un appareil à six cents.

Le mode d’emploi que personne ne lit

Une fois l’appareil chez vous, quatre réglages décident du résultat, et ils ne coûtent rien. Je les donne dans l’ordre où ils se font le premier soir.

La consigne : 26 °C, pas 19. C’est le réglage qui déçoit le plus quand on l’entend et qui convainc le plus quand on l’essaie. Un logement à vingt-six degrés, avec un air sec et un léger mouvement d’air, est confortable — alors qu’un logement à dix-neuf degrés est glacial pour qui rentre de l’extérieur, et qu’il fait travailler la machine sans discontinuer. Chaque degré gagné se paie en temps de marche, et le corps ne réclame pas la fraîcheur d’un supermarché. Les recommandations publiques de la période caniculaire, publiées sur service-public.fr, retiennent d’ailleurs un ordre de grandeur voisin.

Le mode « déshumidification » n’est pas un mode économique. Sur beaucoup d’appareils, il fait tourner le compresseur en continu à faible débit d’air : la pièce s’assèche, ce qui améliore réellement la sensation, mais la consommation n’est pas moindre. Utilisez-le pour ce qu’il fait — traiter une soirée lourde d’avant-orage — pas pour économiser.

La vitesse de ventilation, au maximum le jour, au minimum la nuit. Le compresseur fait le froid, le ventilateur le distribue. En pleine journée, un grand débit répartit mieux et évite que l’appareil ne coupe sur sa propre sonde alors que le fond de la pièce est encore chaud. La nuit, c’est le silence qui prime, et la pièce a déjà été rafraîchie.

La minuterie de démarrage, pas seulement d’arrêt. Lancer l’appareil une heure avant de rentrer, sur une pièce fermée et calfeutrée, coûte moins que de le faire tourner à pleine puissance pendant deux heures sur une pièce à trente-quatre degrés. C’est la seule fonction connectée dont l’utilité soit démontrable.

L’entretien, en deux gestes par saison

Ils prennent dix minutes et ils valent, sur le rendement, davantage qu’une gamme d’écart à l’achat.

Le filtre, toutes les deux à trois semaines en usage soutenu. Un filtre encrassé étouffe le flux d’air, et un flux étouffé, c’est un échangeur qui ne travaille plus. Il se rince à l’eau claire, se sèche complètement, et se remet en place — jamais humide, sous peine d’odeur.

Le rangement de fin de saison. Vidange complète du bac, appareil laissé ventiler quelques heures en mode ventilation seule pour sécher l’échangeur, puis stockage debout et au sec. Un appareil rangé humide et couché ressort avec une odeur qu’on ne rattrape pas, et parfois avec de l’huile déplacée dans le circuit.

Ces deux gestes expliquent une bonne part des appareils « qui ne refroidissent plus au bout de trois ans » : ils refroidissent toujours, mais plus rien ne circule.

Ce qu’il vous faut, vous

Ces arbitrages ne tombent pas du même côté selon qu’on veut dormir trois nuits par an ou tenir juillet et août entiers, et selon qu’on peut ou non poser quelque chose sur la façade.

Sélecteur

Ce qu'il vous faut, dans votre cas

Quatre questions, et la réponse n'est pas toujours une machine. Chaque orientation dit sur quoi elle repose et ce qu'elle laisse de côté.

Ce que vous voulez traiter
Ce qui est déjà en place dehors
Poser une unité extérieure en façade
Combien de temps par an vous en avez besoin

Vu vos réponses : La pièce de vie, l'après-midi · Rien, ou des rideaux à l'intérieur · Impossible : location, copropriété, façade protégée · Deux ou trois semaines

Traitez le dehors avant d'acheter quoi que ce soit

Tant que le soleil entre par les vitrages, une machine passe sa journée à évacuer une chaleur qu'un store extérieur aurait arrêtée pour bien moins cher. Ce n'est pas une position de principe : la puissance à installer, donc le prix de la machine et sa consommation, se calcule sur ce qui entre. Poser d'abord la protection change la machine dont vous aurez besoin ensuite — souvent d'un cran, parfois de la nécessité même d'en avoir une.

Ce que ça ne règle pas : une pièce sous toiture non isolée, un logement non traversant, ou une nuit qui ne redescend plus. Dans ces trois cas, les gestes passifs plafonnent — mais faites-les d'abord, vous saurez alors ce qui reste vraiment à traiter.

Les cinq orientations, en entier

Traitez le dehors avant d'acheter quoi que ce soit

Tant que le soleil entre par les vitrages, une machine passe sa journée à évacuer une chaleur qu'un store extérieur aurait arrêtée pour bien moins cher. Ce n'est pas une position de principe : la puissance à installer, donc le prix de la machine et sa consommation, se calcule sur ce qui entre. Poser d'abord la protection change la machine dont vous aurez besoin ensuite — souvent d'un cran, parfois de la nécessité même d'en avoir une.

Ce que ça ne règle pas : une pièce sous toiture non isolée, un logement non traversant, ou une nuit qui ne redescend plus. Dans ces trois cas, les gestes passifs plafonnent — mais faites-les d'abord, vous saurez alors ce qui reste vraiment à traiter.

Un split fixe, posé par une entreprise

Vous avez la main sur la façade et un besoin qui dure : c'est exactement le cas où le fixe l'emporte. L'unité extérieure prend son air dehors, donc rien n'est extrait de la pièce et rien n'est repris — le calcul du bloc précédent ne s'applique tout simplement pas. Le compresseur est dehors, ce qui règle aussi la question du bruit dans la chambre. Le surcoût de l'installation se rattrape en consommation et en confort dès qu'on dépasse quelques semaines d'usage par an.

Ce que ça ne règle pas : la manipulation des fluides frigorigènes est réglementée et réservée aux entreprises qui détiennent une attestation de capacité — ce n'est pas une pose que l'on fait soi-même. En copropriété, une unité en façade touche une partie commune et passe par l'assemblée générale ; en secteur protégé, l'accord de l'architecte des Bâtiments de France peut être requis. Demandez les deux avant de signer un devis.

Choisissez une pièce, pas un logement

Sans unité extérieure possible, aucun appareil mobile ne climatise un logement entier : les puissances existent, mais l'air froid ne franchit pas les portes et les couloirs, et deux monoblocs qui tournent dans deux pièces doublent l'air extrait, donc l'air chaud aspiré. La stratégie qui marche consiste à en traiter une seule, la plus utile — la chambre presque toujours — et à laisser le reste au passif.

Ce que ça ne règle pas : le reste du logement reste au niveau où les volets et la ventilation nocturne l'ont laissé. Si c'est insuffisant partout, la question n'est plus celle de la machine mais celle de l'isolation, et là il faut un professionnel qualifié, pas un achat.

Sur quelques nuits, le ventilateur reste imbattable

Un besoin de quelques nuits par an ne justifie ni le prix, ni l'encombrement, ni le stockage d'un climatiseur — et il se traite très bien autrement. Un ventilateur ne refroidit pas la pièce, il refroidit la peau, et ce mécanisme-là vaut plusieurs degrés ressentis pour une consommation négligeable. Sur un pic de trois nuits, un brassage d'air bien placé et des volets fermés dès le matin font le travail.

Ce que ça ne règle pas : le ventilateur perd son effet quand la température de l'air dépasse celle de la peau, et il ne sert à rien dans une pièce vide. Si vos « quelques nuits » deviennent trois semaines chaque été, ce n'est plus le bon calcul — reprenez le sélecteur avec la durée réelle.

Un monobloc, en sachant ce que vous achetez

Pas d'unité extérieure possible, un besoin qui dure plus que quelques nuits : le monobloc est la seule réponse mécanique disponible, et c'est un choix défendable dès lors qu'on connaît sa limite. Il se pose le jour même, se range en octobre, ne demande aucune autorisation et refroidit réellement la pièce où il se trouve. Ce qu'il vous coûte, c'est la reprise d'air chaud — et elle se réduit fortement avec un calfeutrage sérieux.

Ce que ça ne règle pas : la puissance nette reste très en dessous de la puissance affichée, le compresseur est dans la pièce donc le bruit aussi, et il faut évacuer les condensats. Achetez le kit de calfeutrage en même temps que la machine, jamais après — c'est lui qui décide de la moitié du résultat.

Deux des cinq orientations ne mènent pas à un climatiseur mobile, et ce n’est pas une coquetterie : c’est le résultat honnête pour une bonne part des gens qui arrivent sur cette page en été.

Où s’arrête ce que je peux dire

Je ne suis ni frigoriste ni installateur. Le dimensionnement d’une installation fixe, le choix d’un fluide, le tracé d’une liaison frigorifique relèvent d’une entreprise qualifiée, et la manipulation des fluides frigorigènes lui est réservée par la réglementation — un particulier ne peut pas la faire, quelle que soit son habileté. Les démarches et les professionnels concernés sont décrits sur service-public.fr, et l’ADEME publie des guides pratiques gratuits sur le rafraîchissement des logements, disponibles sur ademe.fr.

Ce que je peux dire, en revanche, tient en une phrase. Le climatiseur mobile est un bon outil mal vendu : on le juge sur un chiffre qui ne le décrit pas, on l’installe de la façon qui l’empêche de fonctionner, et on lui reproche ensuite de ne pas tenir ses promesses. Posé sur une pièce protégée du soleil, avec un passage de gaine correctement obturé, il fait exactement ce qu’on lui demande.

En bref

Comment choisir un climatiseur mobile sans se tromper ?
En arbitrant trois choses, dans cet ordre. L'étanchéité du passage de gaine d'abord, qui décide de la moitié du résultat : l'air rejeté dehors est remplacé, litre pour litre, par de l'air extérieur qui rentre par les défauts du calfeutrage. Le bruit ensuite, parce que le compresseur est dans la pièce et qu'un appareil qu'on éteint pour dormir a une puissance nette de zéro. La puissance en dernier seulement, une fois qu'on sait combien il en restera réellement.
Quelle différence entre un monobloc et un split mobile ?
Le monobloc n'a pas d'unité extérieure : il refroidit son condenseur avec l'air de la pièce, qu'il expulse ensuite par la gaine. Cet air part et il est remplacé par de l'air chaud venu du dehors, ce qui ampute une partie du résultat. Un split mobile déporte le condenseur à l'extérieur, ce qui supprime cette reprise, mais il demande un passage pour la liaison et il est plus encombrant. À puissance annoncée égale, le split rend nettement plus.
Combien de BTU faut-il pour une pièce ?
L'ordre de grandeur couramment retenu pour une pièce ordinaire, correctement protégée du soleil, tourne autour d'une centaine de watts frigorifiques par mètre carré — une règle de pouce de professionnels, pas une norme. Elle s'effondre dans deux cas : sous une toiture non isolée, et derrière une grande baie exposée à l'ouest sans protection extérieure. Dans ces situations, le bon réflexe est de calculer ce qui entre avant de choisir ce qui sort.
Le kit de calfeutrage fourni suffit-il ?
Sur un ouvrant à la française rabattu, souvent oui. Sur une fenêtre coulissante, une porte-fenêtre ou un châssis de toit, presque jamais : le kit livré est une bande à glissière prévue pour une géométrie précise. Ce qui compte n'est ni la matière ni la marque mais la continuité — une bande de trois centimètres restée libre en haut installe un courant permanent entre l'air chaud du dehors et la pièce, juste au-dessus de la machine qui tente de la refroidir.
Peut-on rallonger la gaine d'évacuation ?
C'est déconseillé. La contre-pression fait chuter le débit d'air, ce qui dégrade le rendement et fatigue le compresseur. Gardez-la la plus courte et la plus droite possible : chaque coude compte. En revanche, l'isoler est un geste simple et utile, parce qu'elle transporte de l'air très chaud à travers la pièce que vous refroidissez et qu'elle rayonne sur toute sa longueur.
Un climatiseur mobile consomme-t-il beaucoup ?
Sa consommation réelle dépend surtout de son temps de marche, donc du calfeutrage et des protections solaires, bien plus que de sa fiche technique. Attention aussi à la comparaison des étiquettes : les monoblocs portent un rendement mesuré à un point de fonctionnement, quand les appareils fixes affichent un indicateur saisonnier. Ces deux chiffres ne se comparent pas entre eux, seulement à l'intérieur de leur propre famille.

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Faire chiffrer les travaux

Cinq questions, l'adresse en dernier. La première suffit à savoir dans quel ordre traiter — et sur deux postes, la réponse est d'attendre.

01 Le poste que vous voulez traiter

Un seul, le plus gênant. C'est celui-là qui décide de l'ordre du reste.

C'est le bon poste, et il sert aux deux saisons

La toiture pèse à elle seule de l'ordre du quart des déperditions d'une maison non rénovée, et c'est aussi elle qui rend une pièce sous combles invivable en août. C'est le seul travail qui serve autant en janvier qu'en juillet — donc celui dont le calcul de rentabilité est le plus favorable.

02 Votre logement
03 Votre échéance
04 Où se trouve le logement

Le code postal seul : il sert à chercher un professionnel de votre secteur, pas à vous localiser.

05 Comment vous joindre
Deux minutes. Ce que deviennent vos données.

L'autre moitié

Les combles qui laissent entrer la chaleur en août sont ceux qui la laissent partir en janvier. C'est le même bâtiment qu'on regarde, dans l'autre sens.

Quand il fait trop froid

Qui écrit

Baptiste S.

Propriétaire bailleur, fondateur du site

Je vis dans ma maison et je gère plusieurs logements en location — une maison ancienne, des appartements plus récents. Trois bâtis, trois façons de mal supporter la canicule et l'hiver, et une quinzaine d'années à voir ce qui tient et ce qui ne tient pas. Je ne suis ni thermicien ni installateur : je mesure, je compare les devis que je reçois, et j'écris ce que j'ai vérifié.

Ce site n'est pas un bureau d'études thermiques. Pour un dimensionnement de pompe à chaleur, un calcul de déperditions réglementaire ou un DPE, il faut un professionnel qualifié — je dis à chaque fois où se situe la limite.

D'où viennent les chiffres de ce site

Deux envois par saison, pas un de plus

Avant la canicule et avant les premiers froids : ce qu'il faut avoir fait, et ce qui ne sert à rien d'acheter. Rien d'autre.

  • Fin avril : le calendrier de préparation à la chaleur.
  • Fin septembre : ce qu'il reste à faire avant le froid.

Adresse conservée trois ans après le dernier contact, jamais revendue. Détail.